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Le moindre incident survenant dans une centrale, le plus petit soupçon
d'un improbable et inquantifiable détriment sanitaire dû à la radioactivité…en
bref tout événement susceptible d'être porté au passif de l'énergie
nucléaire " bénéficie " le plus souvent d'un large écho médiatique.
A l'inverse, le silence semble la règle lorsque, à la faveur de
telle étude ou de telle observation factuelle, le nucléaire paraît
devoir être crédité d'un quelconque avantage économique ou environnemental…
On a pu le vérifier à nouveau à l'occasion de la publication des
résultats d'une enquête sur la pollution atmosphérique réalisée
par l'Institut national de veille sanitaire. Cette enquête, dont
La Croix a rendu compte dans son numéro du 26 juin (article de Pierre
Bienvault) porte sur 11 millions de personnes habitant dans neuf
grandes villes françaises. Elle désigne la pollution de l'air comme
responsable, chaque année, de près de 3000 " décès anticipés
" parmi cette population. Principaux polluants incriminés : les
dioxydes de soufre et d'azote, l'ozone, les fumées noires, les fines
particules, le monoxyde de carbone…émis par les véhicules automobiles
et les installations industrielles.
Bien des commentaires ont été formulés ces jours derniers sur ces
polluants, leur détection, leurs effets à court et à long terme,
les mesures à prendre pour en réduire les quantités etc… Mais il
est une observation qui est restée dans les cartons des commentateurs
: elle revient à constater que la pollution atmosphérique et ses
dommages sur la santé seraient sensiblement plus élevés, en France,
si l'électricité n'y était pas produite à plus des trois-quarts
par des centrales nucléaires.
Il faut rappeler, en effet, que contrairement aux centrales à combustibles
fossiles, les installations nucléaires ne rejettent à l'atmosphère
ni gaz à effet de serre, ni substances polluantes. Ainsi, par exemple,
comparé à un parc de centrales à charbon de capacité équivalente,
notre parc nucléaire permet d'éviter chaque année le rejet d'environ
400 millions de tonnes de dioxyde de carbone, 2 millions de tonnes
de dioxyde de soufre, 1 million de tonnes de dioxyde d'azote, 90
000 tonnes de poussières…En d'autres termes, les centrales nucléaires
mises en service en France depuis les années soixante-dix en lieu
et place des centrales à combustibles fossiles -(qui assuraient
jusqu'alors l'essentiel de notre production d'électricité)- ont
agi comme des réducteurs de pollution. Les statistiques établies
d'année en année par les pouvoirs publics l'illustrent éloquemment.
Combien d'affections passagères, de maladies, de décès anticipés
la réduction de cette pollution atmosphérique permet-elle d'éviter
? D'autres enquêtes, dans le prolongement de celle de l'IVS, l'évalueront
sans doute un jour. Il reste que les données dès à présent disponibles
conduisent à un constat d'évidence : se substituant aux combustibles
fossiles, le nucléaire contribue à diminuer le détriment sanitaire
global subi par la population française du fait de la production
et de l'utilisation de l'énergie.
Cette contribution positive n'efface évidemment pas les contraintes
et les risques potentiels liés au fonctionnement de la filière nucléaire.
Ce n'est pas une raison pour la taire. En fait, une évaluation pertinente
du dossier énergétique suppose que l'on examine dans une démarche
comparative l'ensemble des sources de production d'électricité en
considérant pour chacune, avec une égale attention, tous ses inconvénients
et tous ses avantages. Il n'est pas illégitime de souhaiter que
le nucléaire soit traité à cette aune, sans discrimination.
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