LE NUCLÉAIRE : UNE ÉNERGIE PROPRE
 

A l'origine le développement de l'électricité nucléaire a obéi à une logique de diversification énergétique et de compétitivité ; aujourd'hui un autre de ses atouts conforte son intérêt : le nucléaire est une énergie propre qui concentre ses déchets et offre une solution efficace contre la pollution atmosphérique et le réchauffement de la Planète.


Contre la pollution atmosphérique
 
En 20 ans grâce à l'électricité nucléaire EDF a réduit de façon considérable ses rejets de polluants (réduction de 70 % des émissions d'oxyde d'azote et dioxyde de soufre durant cette période), ce qui s'est traduit par une diminution globale de la pollution atmosphérique en France (moins 30 % selon le Ministère de l'Environnement). Mais il reste encore beaucoup à faire pour atténuer la pollution urbaine ; la filière électro-nucléaire offre des solutions additionnelles, notamment par le développement de transports électriques collectifs et individuels.



Contre le réchauffement de la Planète
 
L'incidence des rejets de dioxyde de carbone (CO2) sur le réchauffement de la Planète (l'effet de serre) ne fait maintenant plus de doute ; les incertitudes portent seulement sur l'ampleur et les échéances de ce réchauffement. Seule une réduction rapide des émissions mondiales de CO2 atténuera le changement climatique et empêchera l'élévation du niveau des mers.
La réponse à ce défi sera forcément multiforme : économies d'énergie, développement des énergies renouvelables (et notamment l'hydraulique), utilisation de combustibles dégageant moins de CO2 et recours accru à l'énergie nucléaire (la production d'électricité nucléaire ne dégage ni dioxyde de carbone ni d'autres gaz à effet de serre).

Rappelons ainsi que notre programme électro-nucléaire a permis en 20 ans une réduction de 40 % des émissions de CO2 en France ; actuellement la France présente avec la Suède (dont la production électrique se répartit entre 50 % d'hydroélectricité et 50 % d'électricité nucléaire), et de très loin, le plus faible rejet de CO2 par GWh produit : 78 g CO2 / kWh en France contre 444 en moyenne européenne et plus de 800 au Danemark.

Un alignement sur les performances françaises aurait un impact considérable : en effet si les pays de l'OCDE appliquaient la même politique énergétique que la France, la production de CO2 des pays développés diminuerait de 32 % !...



Aucun impact sanitaire décelable de la radioactivité artificielle due à l'industrie nucléaire française, ni sur le public, ni sur le personnel

Ce phénomène s'explique aisément :


Très faible niveau d'exposition lié à la présence des installations nucléaires : les centrales nucléaires françaises ne contribuent que pour 0,01 % à l'exposition de la population aux radiations (54 % due aux matériaux terrestres naturellement radioactifs, 11 % aux rayonnements cosmiques, 25 % aux traitements médicaux ...).


Aucun rejet accidentel : en 30 ans d'exploitation, le parc français de réacteurs n'a jamais déploré d'accident nucléaire. Notons d'autre part que les deux accidents nucléaires qu'a connus le monde occidental (Windscale et Three Mile Island) n'ont pas provoqué d'impact notable sur l'environnement et les populations.

 
En revanche la radioactivité artificielle contribue, grâce à la radiothérapie, à la guérison de très nombreux cancers dans le monde, constitue un vecteur très important de diagnostic médical (médecine nucléaire) et participe au progrès des connaissances dans d'innombrables domaines de la recherche.




Un recyclage performant : économie d'énergie et réduction de volume des déchets
 

Toute activité industrielle génère des sous-produits et des déchets. Dans le cas du nucléaire, la production d'électricité conduit à des combustibles usés, produits résiduels du passage en réacteur, et à des déchets d'exploitation.


Le retraitement-recyclage
Les combustibles usés se composent de matières énergétiques valorisables (plutonium et uranium) et de produits de fission.
Il existe deux grandes approches pour traiter ces combustibles usés :




 
Le stockage direct : après refroidissement en piscine, on procède au conditionnement en l'état des combustibles usés (opération particulièrement coûteuse) et à leur stockage.
 


Le tri et le retraitement-recyclage : on trie les matériaux par nature, on récupère et on recycle les matières combustibles (plutonium 1 %, uranium de retraitement 96 %) avant de conditionner et stocker les déchets ultimes (3%).
 

 
La France, comme la Grande-Bretagne, a depuis longtemps décidé de se doter de capacités industrielles de retraitement et de recyclage des combustibles ; les électriciens d'un certain nombre d'autres pays (parmi lesquels le Japon et l'Allemagne) ont retenu cette même approche du retraitement-recyclage.

Le retraitement-recyclage offre en effet plusieurs atouts considérables :



Economie de matière première : en utilisant mieux le potentiel énergétique contenu dans la matière première, on réduit la consommation d'uranium naturel et on contribue à une meilleure gestion des ressources de la Planète.

 

Réduction du volume des déchets et de leur toxicité : le retraitement extrait le plutonium et l'uranium et réduit ainsi à la source le volume des déchets nucléaires. Les déchets ultimes (de haute activité et/ou à vie longue) ne concernent donc que 3 % de la matière contenue dans les combustibles usées et sont en particulier exempts de plutonium, ce qui diminue d'autant leur radiotoxicité.

 
Optimisation du tri des déchets avant stockage.


Les études économiques de l'OCDE (en attribuant d'ailleurs une valeur nulle au plutonium issu du retraitement des combustibles usés et recyclé dans les combustibles Mox) montrent une parité financière entre l'approche du stockage direct et celle du retraitement-recyclage.

Les progrès technologiques sensibles qui peuvent en outre être attendus de la filière Mox, qui atteint sa maturité industrielle, en renforceront l'intérêt financier ; on prévoit en effet d'augmenter le taux de combustion du Mox, donc le rendement énergétique de l'opération. Sur un plan strictement financier, le prix de revient complet du kWh nucléaire, quelle que soit l'approche envisagée, inclut, sous forme de provisions, les coûts du traitement du combustible usé et du stockage des déchets ultimes.


Dès l'origine la maîtrise de la gestion des déchets

Dès l'origine, la filière nucléaire s'est préoccupée de mettre en oeuvre les meilleures solutions pour la gestion des déchets : identification, tri, traitement, conditionnement selon nature et mode de stockage ...

En 10 ans, le volume de déchets produit par réacteur a été divisé par 3 : 360 m3 par réacteur en 1985 mais 100 m3 par réacteur en 1995 (pour les déchets de type faiblement et moyennement actifs).

On a actuellement toutes les solutions d'entreposage ou stockage pour les différents types de déchets, au moins pour les 40 ans à venir (on dispose ainsi déjà de solutions pour les déchets hautement radioactifs : entreposage en conteneurs après vitrification).

Dans le cadre de la loi du 30 Décembre 1991, des recherches sont menées selon 3 voies pour les déchets à vie longue (stockage profond, entreposage de longue durée en surface et destruction par transmutation après séparation) pour permettre au Parlement de décider en 2006 la mise en oeuvre des solutions appropriées pour le très long terme.

Rappelons que les déchets nucléaires à vie longue ne représentent que 100g par habitant et par an (contre 100 kg par habitant et par an pour les déchets industriels toxiques).