L'IONISATION DES ALIMENTS
  L'ionisation des aliments a suscité, dans les années 80, de très grands espoirs, auxquels elle n'a pas encore tout à fait répondu. C'est une technologie qui recouvre en fait toute une gamme de procédés visant à améliorer la durée de conservation et les caractéristiques hygiéniques des denrées alimentaires. :

  De cette gamme de procédés, n'est en fait mise en oeuvre actuellement que l'hygiénisation de produits stabilisés, (soit secs, soit surgelés) : épices, légumes déshydratés, crustacés congelés, surfines de volaille, etc. Le traitement offre, pour le consommateur, l'avantage d'une garantie réelle d'hygiène des denrées traitées

Il est vrai que le traitement des produits frais s'est heurté à des difficultés. Actuellement, quelque 20000 tonnes par an sont traitées. C'est relativement peu, mais ce procédé pourrait connaître dans l'avenir un développement significatif.



Toute une gamme de procédés

Différents procédés caractérisés par l'éventail des bases utilisées sont appliqués aux produits frais ou déjà stabilisés.


Procédé-dose
Produits frais
Produits stabilisés (secs - surgelés)
Antigermination
(0,05 - 0,15 kGy)
Pomme de Terre Oignon Ail
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Désinsectisation
(0,5 - 3 kGy)
Agrumes Papaye
Légumes Secs Fruits Secs Céréales
Destruction des parasites
(0,5 - 3 kGy)
Viande de Porc Viande de Cheval (Trichine)
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Maturation différée
( 1 - 3 kGy)
Fraise - Framboise Papaye - Mangue
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Hygiénisation Pasteurisation
(2 - 10 kGy)
Poisson - Poulet
Crustacés congelés Epices - Légumes déshydratés
Semi conserves Surfines de volaille
Appertisation
(25 - 50 kGy)
Poulet - Boeuf



L'ionisation, quel passé ?

Le traitement des produits frais s'est heurté à deux difficultés principales :


La technologie s'est avérée "pointue", les résultats variant suivant les espèces, les conditions de récolte, le moment du traitement etc...

 

Elle s'est avérée difficile à intégrer dans les circuits de production et de commercialisation des produits frais, pour des raisons de délais de traitement, de saisonnalité, de taille d'installation.
 



L'ionisation aujourd'hui

Au total, les 20.000 tonnes par an actuellement traitées en France sont révélatrices ; à la fois de l'intérêt de l'ionisation, et de ses limites. Ce n'est pas un tonnage négligeable. Mais, au regard du risque de réactions négatives de certains consommateurs, l'industrie agro-alimentaire n'as pas trouvé dans l'ionisation ce qui l'aurait motivé à réellement s'y engager, c'est à dire l'outil lui permettant de gagner des parts de marché ou d'élargir celui-ci par des produits nouveaux. Du même coup le procédé n'est utilisé que là où il est pratiquement incontournable.



L'ionisation, quel avenir ?

Depuis la reconnaissance de l'innocuité du procédé par les experts du comité tripartite OMS - FAO - AIEA, l'ionisation n'a connu qu'un développement limité, même pour des objectifs "d'hygiénisation", c'est à dire de destruction des microorganismes pathogènes présents dans les aliments.

Toutefois, les pathologies issues d'intoxication alimentaires préoccupent de plus en plus les autorités sanitaires nationales ou internationales. L'innocuité des aliments ionisés, sans limite de dose, vient tout récemment d'être reconnue par les instances citées plus haut. Ceci, avec l'ouverture accrue des frontières aux échanges commerciaux, constitue l'occasion d'un nouvel élan pour l'ionisation. Les prochaines années diront si l'ionisation se positionne en réponse adaptée aux besoins des industries agro-alimentaires.