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L'énergie nucléaire serait-elle
comme ces fameux trains dont on ne parle que lorsqu'ils sont en
retard et dont on se désintéresse quand ils arrivent
à l'heure ?
On peut retenir la comparaison. Car s'il
est vrai que la presse se fait volontiers l'écho des moindres
incidents survenant dans les centrales nucléaires, elle reste
en revanche bien discrète sur les avantages qui découlent
de l'utilisation maîtrisée de cette source d'énergie.
Il n'est dès lors pas étonnant qu'une majorité
de Français continue d'ignorer - comme l'attestent les sondages
- ce qui constitue l'atout écologique majeur des centrales
nucléaires : elles ne rejettent dans l'atmosphère
aucun gaz à effet de serre, et cela contrairement aux centrales
à combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz) qui
sont, avec les véhicules automobiles, les principales sources
de ce type de pollution.
Les gaz à effet de serre, et notamment le gaz carbonique
(CO2) constituent une menace pour l'équilibre de la planète
car leur concentration excessive dans l'atmosphère risque
d'entraîner un réchauffement climatique aux graves
conséquences. Tout commande donc de limiter leurs émissions,
comme l'a décidé la communauté internationale
par le protocole de Kyoto (1997) .
De ce point de vue, la France montre l'exemple puisque son important
parc nucléaire permet d'éviter chaque année
le rejet à l'atmosphère d'environ 400 millions de
tonnes de CO2. Une performance qui la place au premier rang des
pays industrialisés les moins pollueurs.
Mais sur le plan mondial, où le courant électrique
reste majoritairement produit par des combustibles fossiles, la
situation est préoccupante. Et cela d'autant plus que pour
satisfaire les besoins induits par l'accroissement de la population,
il va falloir produire, dans les décennies à venir,
des quantités de plus en plus énormes d'électricité.
Comment y parvenir sans aggraver l'effet de serre ? La réponse
est évidente : en limitant impérativement le recours
aux combustibles fossiles et en développant les sources électrogènes
non émettrices de CO2. Du fait d'un potentiel global limité,
l'appoint des énergies renouvelables, appelées à
la rescousse dans cette perspective, ne sera pas à la hauteur
de l'enjeu. Dès lors, l'énergie nucléaire,
qui fournit aujourd'hui 17% du courant dans le monde, apparaît
comme une clé déterminante de l'incontournable équation.
Grâce à sa capacité de produire des quantités
massives d'électricité sans ajouter à l'effet
de serre, elle peut contribuer à boucler le bilan électrique
mondial en respectant les exigences du développement durable.
On conviendra que cette potentialité mérite d'être
connue et considérée.
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Article
paru dans le quotidien Métro le 23 janvier 2003
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