29.08.2017

Remue-méninge pour relancer l’industrie nucléaire américaine

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Par Tristan Hurel (SFEN)

Un rapport de l’ancien Secrétaire à l’énergie, Ernest Moniz, appelle à relancer l’industrie nucléaire. En parallèle, de nouvelles initiatives témoignent du regain d’intérêt pour les nouvelles technologies de réacteurs outre-Atlantique.

Secrétaire à l’énergie de Barack Obama de 2013 à 2017, Ernest Moniz a contribué à la création du programme GAIN (Gateway for Accelerated Innovation in Nuclear) du Département d’Etat à l’énergie (DOE) pour encourager le développement de nouvelles technologies nucléaires.

Depuis, Ernest Moniz a notamment pris la direction du think-tank « Energy Future Initiative », dont le rapport publié mi-août et intitulé « L’énergie nucléaire américaine : facilitateur clé pour la sécurité nationale » plaide pour relancer l’industrie nucléaire américaine. Il exhorte les décideurs publics à réinvestir l’énergie nucléaire, au nom de l’indépendance énergétique, de la sécurité d’approvisionnement et de la lutte contre le changement climatique.

A la croisée des chemins

C’est dans une période qualifiée de « crossroads », où les opportunités et les défis se rencontrent, que se positionne le rapport de Moniz : fermeture anticipée de réacteurs, suspension de la construction de deux réacteurs, contestation des programmes de soutien des Etats de l’Illinois et de New York

Le rapport d’Energy Future Initiative invite les autorités américaines à prendre plusieurs décisions telles que :

  • Travailler avec les États pour harmoniser les politiques fédérales et étatiques affectant la conception des marchés régulés de l'électricité afin de valoriser de manière appropriée les avantages de l'électricité nucléaire dans le mix électrique.
  • Développer et accélérer le soutien en R&D et en capacité de test pour de nouvelles technologies de réacteurs nucléaires.
  • Maintenir et élargir les programmes actuels pour soutenir l'enseignement de l'ingénierie nucléaire, y compris les bourses d'études ainsi que les subventions de formations ciblées sur les besoins professionnels clés.

Libérer les initiatives pour dynamiser le secteur

Si le rapport pointe du doigt le manque d’action des autorités, le gouvernement américain continue pourtant de soutenir le développement de l’industrie nucléaire. Fin juin, l’actuel secrétaire d’Etat à l’Energie, Rick Perry, a déclaré qu’« aucun portefeuille énergétique propre n’est complet sans énergie nucléaire » et le même mois le DOE a annoncé qu’il allait affecter plus de 66 millions de dollars dans des projets portant sur le développement de nouvelles technologies nucléaires. Le 23 août, un rapport attendu du DOE est allé plus loin en appelant à soutenir l’industrie nucléaire américaine. Il recommande de rééquilibrer la production d'électricité aux Etats-Unis, notamment en faveur du nucléaire.

Ce soutien affiché des autorités publiques encourage le secteur privé. A titre d’exemple, début août, Concurrent Technologies Corp (CTC, organisation américaine indépendante à but non lucratif de recherche scientifique appliquée) a annoncé qu’elle prévoyait de lancer un Center for Advanced Nuclear Manufacturing (CANM) pour préparer l’industrie aux méthodes de fabrication qui seront nécessaires pour la conception et la fabrication de petits réacteurs modulaires (SMR). Les modes de production des SMR de ces nouveaux réacteurs différeront des méthodes actuelles, avec la possibilité d’une fabrication en usine, suivi d’un transport en modules avant un assemblage sur site.

Légende : Comme son prédecesseur, Steven Chu, et son successeur, Rick Perry, Ernest Moniz a défendu, lorqu'il était Secrétaire à l'énergie des Etats-Unis, la place du nucléaire dans le mix énergétique des Etats-Unis.