22.11.2016

Le réacteur à sels stables de Moltex Energy

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Par Rory O'Sullivan (Directeur général de Moltex Energy) et John Laurie (Fission Liquide)

La question de la réduction des coûts tourmente l’industrie nucléaire depuis des décennies. Pour répondre à ce défi, un scientifique et un philanthrope se sont réunis à la Chambre des Lords à Londres en juin 2013 pour discuter d'une idée. Cette réunion s’est ensuite transformée en partenariat jusqu’à déboucher sur la création d’une société, Moltex Energy, dont l’objectif est de trouver un meilleur moyen d'exploiter l'énergie de la fission nucléaire. Cette réflexion et les premiers travaux ont conduit à une percée dans la technologie des réacteurs à sels fondus, appelés réacteurs à sels stables, permettant d’envisager une énergie nucléaire plus sûre et moins chère.

Aujourd’hui, l’industrie nucléaire doit faire face à une augmentation croissante de ses coûts. Aussi, chez beaucoup d’acteurs, une question émerge : l’atome serait-il devenu trop cher ? Le réacteur à eau pressurisée (REP), initialement développé pour ses avantages dans un sous-marin compact, s’est imposé de par le monde jusqu’à devenir la technologie la plus utilisée. S’agit-il encore du meilleur choix technologique pour produire de l’électricité ? Pas certain. Les études menées par Moltex Energy démontrent que les réacteurs utilisant des combustibles à sels liquides disposent d’une sûreté supérieure à celle des REP. Par ailleurs, des structures et composants de confinement coûteux ne sont pas nécessaires pour les maintenir dans un état stable. Comme l’a montré l’accident de Tchernobyl, les deux sous-produits les plus toxiques pour l’homme et l’environnement sont le césium et l’iode sous forme gazeuse.

Ce risque est intrinsèque aux réacteurs utilisant des combustibles solides. A contrario, dans un sel fondu, ces produits n’existent pas sous forme gazeuse. Ce sont des sels stables qui ne posent pas de risque de sûreté.

1.

Le procédé chimique PUREX (acronyme de l’anglais Plutonium and Uranium Refining by EXtraction) est une méthode de traitement du combustible nucléaire usé, utilisée depuis 1947 (et développée dans le cadre du projet Manhattan) pour séparer le plutonium et l’uranium indépendamment l’un de l’autre des actinides mineurs et des produits de fission par une méthode d’extraction liquide-liquide.

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