03.07.2017

Gestion de l’environnement tout au long du cycle minier : adopter une approche proactive et intégrée

Gestion de l’environnement tout au long du cycle minier : adopter une approche proactive et intégrée.jpg
Par la rédaction

L’exploitation de l’uranium est une activité de niche tant par ses volumes que par la taille de son marché qui n’a rien de comparable avec le charbon ou les minerais de fer. C’est un marché extrêmement concentré avec peu d’acteurs. Les activités minières de New AREVA sont de taille modeste parmi les groupes miniers dans le monde mais le groupe est l’un des acteurs les plus importants concernant la production d’uranium avec près de 11 186 tonnes d’uranium [1] en 2016, représentant 15 % de la production mondiale.

Les activités minières de New AREVA se répartissent sur plusieurs continents (Asie Centrale, Amérique du Nord avec le Canada, Afrique, Europe).

Cette activité est extrêmement exigeante car l’exploitation minière uranifère, comme toute activité industrielle, a des impacts sur l’environnement ; et l’uranium, bien que naturel, nécessite des précautions pour l’Homme et son environnement. Présent sur l’ensemble de la vie d’une mine d’uranium, New AREVA a pour objectif d’éviter et/ ou de réduire ses impacts au niveau le plus bas possible, et ce, à toutes les étapes. Plus de 60 ans d’expérience dans ce domaine assurent au groupe une expertise reconnue et proactive, notamment en matière de gestion intégrée de l’environnement, un élément clé du développement durable, et d’acceptabilité à long terme de cette activité.

L'environnement au coeur de la vie minière

Dans le cadre de ses activités minières, le groupe New AREVA est présent sur l’ensemble des phases de la vie d’une mine d’uranium :

  • la phase exploration dont l’objectif est de découvrir de nouveaux gisements pouvant être économiquement exploités ;
  • la phase projet comprenant les études de préfaisabilité et de faisabilité permettant de définir les technologies d’extraction, de traitement, ainsi que les infrastructures les plus adaptées et de s’assurer de la viabilité économique, technique et environnementale du projet ;
  • la phase exploitation qui dure d’une dizaine à plusieurs dizaines d’années, soit en mine classique à ciel ouvert, en mine souterraine, ou en utilisant le procédé d’« In Situ Recovery » [2] ;
  • les phases de réaménagement du site minier et de surveillance en après mine.

Ainsi, sur la phase d’exploration, Émilie Lacroix, Directrice santé sécurité environnement radioprotection au sein de la Business Unit mines de New AREVA, met en avant l’exemple de la Mongolie, où New AREVA est présent depuis 1997 : « en 2011, un test expérimental basé sur la technique de récupération in situ (avec de l’acide sulfurique) a été réalisé sur une période de six mois, dans la région de Sainshand. Aujourd’hui, l’entreprise détient quatorze licences d’exploration dans les régions des bassins de Sainshand et du Dariganga qui couvrent un territoire de près de 40 000 hectares. Ces terres servent également de pâturage pour les élevages des nomades. » Depuis le début du projet, New AREVA, via sa filiale en Mongolie, a mené plusieurs études environnementales, dont certaines obligatoires et exigées par la réglementation, telles que l’étude des états initiaux, les études d’impact environnemental, les descriptions des états initiaux archéologiques et paléontologiques. Émilie Lacroix précise qu’« un plan de gestion de l’environnement, qui intègre la surveillance environnementale, est établi en
fonction des travaux à venir. »

Par ailleurs, New AREVA attache beaucoup d’importance à la protection et à la préservation de la biodiversité. « Dès le stade de l’exploration, des mesures sont prises pour minimiser autant que possible l’impact de son activité sur la biodiversité et les écosystèmes », souligne Émilie Lacroix. Une démarche qui passe par exemple par une optimisation des déplacements pour réduire le nombre de pistes au strict minimum et leur entretien régulier pour réduire la dispersion de la poussière pouvant se déposer sur la végétation présente le long des routes. Leurs accès sont condamnés lorsqu’elles ne sont plus d’aucune utilité afin d’aider la végétation à reprendre. Émilie Lacroix met en avant d’autres initiatives comme « la prise en compte des déplacements des animaux, ou encore l’amélioration du procédé de forage pour réduire l’impact sur les écosystèmes ». New AREVA mène ainsi des études en lien avec la protection du saxaoul, une espèce végétale emblématique du désert de Gobi. La responsable de ces enjeux chez New AREVA précise qu’« au-delà des actions de minimisation de notre impact (optimisation des plateformes de forage, choix des zones pour les infrastructures en fonction de la densité locale en saxaouls…), des recherches en la matière sont menées avec des experts mongols, et des opérations de replantation ont été réalisées avec la population locale. Nous avons mené via un bureau d’études spécialisé en environnement une évaluation des risques écologiques de l’activité. Elle a démontré qu’à ce stade – lors des étapes d’exploration et du test pilote de récupération in situ –, les impacts sur les écosystèmes sont considérés comme mineurs ou au moins réversibles. »

Anticiper et surveiller participent à la prévention

Que ce soit dans l’imaginaire collectif ou dans les médias, le lien est souvent fait entre activité minière et impact environnemental, voire pollution. Il est vrai que les activités minières, comme toute activité industrielle, génèrent des impacts sur l’environnement, qui peuvent néanmoins être fortement minimisés grâce à l’évolution des technologies et la prise en compte de la protection de l’environnement dès les premières phases d’un projet
minier.

Pour ce faire, et au-delà du simple respect des réglementations en vigueur dans les pays où les activités sont localisées, les équipes de l’entreprise française ont mis en place une approche commune afin de mieux anticiper les risques et limiter l’empreinte environnementale. Ainsi, les politiques santé sécurité radioprotection, et sûreté et environnement de New AREVA sont déclinées et déployées pour l’ensemble des activités minières. Les équipes s’appuient sur les exigences réglementaires en vigueur, les standards du groupe, les standards internationaux en la matière et enfin le retour et partage d’expériences. Émilie Lacroix précise ainsi que « les sites mettent en place des systèmes de management intégrés qui donnent lieu à des audits réguliers ». Une exigence constante et concrète : « les activités en phase d’exploitation sont toutes certifiées ISO 14001 et OHSAS 18001 ». Une politique renforcée par l’expérience acquise dans le domaine minier, quels que soient les territoires et les environnements. « Ceci nous a permis de développer nos connaissances et de bénéficier de retours d’expérience éprouvés. Cette expertise nous sert aussi dans la conception de tout nouveau projet » précise Émilie Lacroix.

 
En savoir plus sur l'industrie minière à l'échelle mondiale
L’industrie minière est la fourniture de minéraux dont a besoin l’économie d’un pays pour se développer. Cette activité est économiquement importante : à titre d’exemple, les productions des dix premières matières minérales mondiales (charbon, fer, cuivre, or, bauxite, nickel, zinc, platine (PGM), diamants, plomb) totalisaient en 2013, 10 milliards de tonnes, représentant 1 317 milliards de dollars en valeur (source Intierra/RMG).
 

Des enjeux majeurs que toute industrie minière doit prendre en compte

D’abord l’eau. Les ressources en eau sont essentielles au bon fonctionnement des écosystèmes, de l’environnement en général, sans oublier l’économie (agriculture, production d’énergie…). Comme souvent dans l’industrie, les activités minières ont aussi besoin d’eau (extraction, traitement, transport du minerai). Sans eau et sans énergie, exploiter une mine n’est pas possible. De plus, certaines des opérations sont localisées dans des zones de stress hydrique où l’eau est un bien encore plus précieux que partout ailleurs dans le monde, comme au Niger. C’est pourquoi la responsabilité de New AREVA est de plusieurs ordres :

  • Préserver autant que possible les ressources en eau. Il s’agit de la quantité des eaux naturelles prélevées, la qualité des effluents industriels rejetés dans l’environnement (au regard des limites réglementaires autorisées) et l’optimisation du prélèvement et de la consommation de cette ressource. Les prélèvements doivent être optimisés dans les nappes, en faisant, par exemple, de l’éco-conception pour les nouveaux projets ou en menant des actions de progrès pendant les opérations. C’est le cas sur le site de Katco au Kazakhstan qui met en oeuvre un processus de recyclage des effluents assurant la réduction des prélèvements dans les nappes. « Sur nos sites de Somaïr et Cominak au Niger, nos démarches constantes de réduction et d’optimisation des besoins en eau ont conduit à la mise en place de procédés industriels tels que l’utilisation d’hydrocyclones sur le site de Somaïr avec des objectifs ambitieux en matière de recyclage d’eau », souligne Émilie Lacroix. Si la préservation de la ressource en eau n’est pas uniquement un enjeu de l’étape d’exploitation minière, elle peut être mise en oeuvre bien en amont, dès les activités de forage permettant de découvrir ou caractériser les gisements. En Mongolie, une technologie de recyclage de la boue issue des forages a été testée avec succès. Utilisée généralement pour d’autres secteurs, comme le pétrole, cette technologie de forage appliquée à l’exploration minière réduit les quantités d’eau utilisées entre 30 et 60 % selon la largeur du forage (possibilité de ré-circuler la solution de forage). Les impacts potentiels sur la qualité des aquifères sont étudiés et font l’objet de programmes environnementaux et de R&D sur l’évolution des nappes pendant et après une exploitation par In Situ Recovery au Kazakhstan et en Mongolie.
  • Adopter une approche proactive globale, avec pour objectif d’intégrer et d’associer les parties prenantes et leurs attentes. Il s’agit d’évaluer les aspects environnementaux, sociétaux, et économiques en lien avec les ressources en eau, les besoins des populations, les différents utilisateurs, dans un périmètre plus large que la simple activité à l’échelle par exemple du bassin-versant ; c’est ce qui a été lancé en Mongolie, en amont du projet minier uranifère.

Un autre sujet et non des moindres, mais aussi un des plus complexes concerne la biodiversité. La difficulté réside dans le fait de bien connaître les écosystèmes et leurs interactions mais aussi d’identifier les priorités d’intervention, avec pour objectif de minimiser l’impact, de gérer la biodiversité tout au long du cycle minier et d’anticiper le réaménagement des sites et la conversion future des terrains préalablement occupés par l’activité.

Émilie Lacroix explique que dans le cadre des études d’impact environnemental obligatoires à tout développement de projet, New AREVA « effectue des inventaires écologiques et identifie les mesures préventives, d’atténuation et de compensation à mettre en oeuvre pour les préserver ».

Une approche qui a conduit l’entreprise à « détourner des canalisations » de ses installations en Namibie pour « préserver le milieu d’une espèce endémique de lichen ». De la même manière, en France, Émilie Lacroix souligne que New AREVA a « mis en place un dispositif de protection des amphibiens pendant des travaux de terrassement sur un ancien site en Limousin ».

Un réseau de surveillance environnementale est également déployé sur les sites, pour le suivi et le contrôle de la qualité de l’air, des sols, de l’eau, de la faune et de la flore avec l’assistance d’écologues et de naturalistes. Il est réalisé de manière participative avec les communautés locales, comme dans le cadre de l’Athabasca Working Group au Canada, au Nord Saskatchewan.

Autre enjeu majeur, le changement climatique. Un climat qui change et ses impacts représentent un des principaux défis du XXIe siècle auquel l’Homme est confronté. « Nous savons que le secteur minier sera impacté », explique Émilie Lacroix. « Nos opérations se situent souvent dans des zones sensibles à ce phénomène (stress hydrique, déserts, steppes), et l’échelle du cycle minier est généralement de plusieurs dizaines d’années. Il est nécessaire de bien comprendre les enjeux d’un tel phénomène, les risques associés pour nos opérations et nos parties prenantes locales, et de contribuer à notre échelle à réduire notre impact. » Et de conclure: « nous devons donc faire une utilisation raisonnée des ressources naturelles, toujours penser à une réduction possible de nos émissions de gaz à effet de serre et optimiser nos besoins énergétiques ».

Enfin, le réaménagement d’un site minier. Cette étape du cycle minier concentre l’ensemble des problématiques environnementales et est essentielle à la bonne intégration des sites dans leur environnement. Une opération minière est une utilisation temporaire du site concerné. Dès que l’on se lance dans un projet, il faut avoir conscience qu’il y aura une fin et s’y préparer. C’est en faisant très tôt la démonstration de l’expertise dans la maîtrise technique complète de cette étape ultime qu’une entreprise minière peut aujourd’hui garantir son avenir et s’intégrer durablement dans un territoire. Anticiper les phases de réaménagement permet aux acteurs miniers de limiter autant que possible les restrictions d’usage suite à la fermeture d’un site et de contribuer à une nouvelle vie pour le reste du site qui n’est pas touché par ces restrictions. L’objectif du réaménagement n’est donc pas de revenir strictement à l’état initial – ce qui est mission impossible – mais à un environnement sûr et durable. Cela demande donc de la proactivité, la mobilisation d’expertises scientifiques, mais aussi des études techniques, économiques et sociétales en amont avec une vision raisonnée et discutée avec les différentes parties prenantes, afin d’aboutir à une bonne acceptabilité et à l’intégration du site dans son environnement.

Bien d’autres enjeux environnementaux sont prépondérants au secteur minier, comme la gestion des déchets, la qualité de l’air… mais finalement, la ligne de conduite doit être la même : proactivité, prévention des risques, connaissance fine des enjeux, investir dans la recherche environnementale pour continuer à s’améliorer et innover, et agir de manière responsable. C’est dans cet esprit, que le groupe New AREVA a rejoint, en 2011, le Conseil international des mines et métaux (ICMM) qui agit comme un catalyseur d’amélioration dans les pratiques minières, dans une démarche d’échanges de bonnes pratiques en matière de développement durable. L’ICMM regroupe 23 entreprises et 34 associations. Ces dernières représentent 30 à 50 % des productions mondiales de matières premières (cuivre, or, minerai de fer, nickel, platine…).

Pour rendre compte de ses actions, le groupe New AREVA publie chaque année un rapport de croissance responsable pour ses activités minières disponible à cette adresse : www.rse-mines-areva.com/FR

Crédit photo : New AREVA

Légende : Les travaux exploratoires à l'extraction minière d'uranium impliquent notamment des prélèvements environnementaux réalisés pour constituer une étude des états initiaux.

1.

Part AREVA consolidée financière à laquelle s’ajoutent 447 tonnes de part AREVA dans Cominak (Compagnie minière d’Akouta) au Niger, dont les comptes sont déconsolidés.

2.

Procédé qui consiste à injecter dans le sol des solutions pour dissoudre l’uranium présent puis à pomper ces solutions chargées d’uranium afin de le récupérer ensuite en surface.