15.11.2017

Et pendant ce temps, la planète « brûle »

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Par Boris Le Ngoc, SFEN

Les rapports et études se multiplient avec un même constat : nous ne faisons pas ce qu’il faut pour réduire significativement nos émissions de gaz à effet pour lutter contre le réchauffement climatique.  

Les émissions de CO2 augmentent

En pleine COP23, le rapport du Global Carbon Project sonne comme un énième avertissement. Selon leurs dernières données, les émissions de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse après trois années de stagnation.

Cette étude confirme les sombres conclusions du dernier rapport de l’agence Environnement de l’ONU (Pnue), qui relevait que le monde ne faisait pas assez pour tenir les objectifs de l’accord de Paris visant à garder le réchauffement planétaire sous 2°C, voire 1,5°C.

Le nucléaire est, avec l’éolien, l’énergie la plus respectueuse de la biodiversité suivant un rapport coût/bénéfice. (Franck Courchamp)

La dégradation de l’environnement  

Cette dégradation du climat a des conséquences dramatiques sur l’environnement et le vivant. Selon 15 364 scientifiques issus de 184 pays différents (dont près de mille Français), nous sommes entrés dans une ère de « disparition de masse » dans laquelle la faune et la flore s’étiolent petit à petit. La dernière fois qu’une telle transformation est advenue c’était il y a 66 millions d’années avec la disparition des dinosaures non aviens, préviennent les scientifiques dans leur manifeste publié dans la revue américaine BioScience puis dans le journal Le Monde.

« Il y a 25 ans (lorsque 1 700 scientifiques avaient signé un premier manifeste au Sommet de Rio), les signaux déjà étaient au rouge et la mise en garde de la communauté scientifique n’avait trouvé qu’un écho limité, mais aujourd’hui, les indicateurs ont viré au rouge écarlate, le monde doit réagir », insiste Franck Courchamp, directeur de recherche au CNRS et signataire du texte.

En 2014, cet expert en biologie de la conservation soutient les conclusions d’une étude portant sur l’impact de chaque énergie sur la faune et la flore.  « Le nucléaire est, avec l’éolien, l’énergie la plus respectueuse de la biodiversité suivant un rapport coût/bénéfice. » avait-il souligné. 

« The elephant in the room »

« Pour éviter une misère généralisée et une perte catastrophique de biodiversité, les scientifiques appellent l'humanité à changer radicalement de mode de vie en adoptant une alternative plus durable écologiquement que la pratique qui est la sienne aujourd'hui » peut-on lire dans le manifeste.

Pourtant les solutions pour réduire les émissions de CO2, lutter contre la pollution, produire de l’électricité propre sans bétonner les territoires sont connues. Certaines d’entre elles existent et ont d’ores et déjà fait leur preuve comme l’énergie nucléaire. Pourtant, dans les couloirs de Bönn où se joue une partie du combat, la contribution du nucléaire n’est pas abordée : comme un tabou (« the elephant in the room »).

A la lumière de ce triste constat, une question se pose : voulons-nous véritablement lutter contre le changement climatique ?