14.11.2017

« Aux Etats-Unis les Millenials montent leur start-up » (reportage)

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Par Tristan Hurel, SFEN

A l’occasion de la dernière édition d’Atoms for the Future, David Schumacher est venu à Paris pour présenter son film documentaire, « The New Fire ». Dans ce film, le réalisateur dresse le portrait de jeunes entrepreneurs qui ont lancé leur start-up et imaginent les réacteurs de demain. Entretien.

Pourquoi avez-vous réalisé « The New Fire » ?

David Schumacher - J’étais inquiet de voir que ce que disaient les scientifiques n’était pas pris en compte. Et j'ai eu envie de m’investir davantage en racontant une histoire sur l'énergie nucléaire. Contrairement aux climatologues, les organisations environnementales affirment que l’on peut décarboner au rythme nécessaire avec seulement des énergies renouvelables, sans le nucléaire, alors que toutes les études sérieuses que j’ai lues expliquent que toutes technologies possibles doivent être mobilisées. Avec ce film je veux aussi dire que le problème climatique est dans les mains de la jeunesse. Ce sont ces jeunes innovateurs qui vont trouver les clés pour résoudre le problème climatique.

Existe-t-il d’autres films sur l’énergie nucléaire ?

D.S. - Il y en a mais pour l’essentiel ce sont des films « contre » : comme « The Chinese Syndrom », « Silk Road » ou plus récemment « Pandora », qui a été diffusé en Corée du Sud et qui a littéralement propulsé la victoire du nouveau gouvernement anti-nucléaire. Si ce film a pu rendre la Corée du Sud anti-nucléaire, j'ai la naïveté de penser que je peux faire un film qui aura l’effet opposé et à une échelle plus grande.

Bien entendu il y a aussi « Pandora’s Promise », qui est probablement le premier film pro nucléaire, si je ne compte pas « Our friend the atom », un dessin-animé des années 1950.

Qu’avez-vous pensé de ces jeunes innovateurs ? Quel est leur état d’esprit ?

D.S. - Parler du nucléaire et de son rôle dans la lutte contre le changement climatique ne suffit pas à faire un film. Il faut des personnages. Quand j’ai découvert ces jeunes fraichement diplômés qui voulaient lancer une start-up dans le nucléaire et concevoir des réacteurs encore jamais commercialisés, je me suis dit que c’était ce qu’il me fallait. Ce sont des outsiders que l’on veut voir gagner, que l’on veut encourager, d’autant qu’ils ont des défis immenses à surmonter.

Vont-ils réussir à faire aimer à nouveau le nucléaire ?

D.S. - Quelqu’un m’a dit : « Votre film redonne au nucléaire une image sympathique. » C’est tout à fait ce que j’ai essayé de faire : montrer un nucléaire très différent de la vieille industrie nucléaire. La seule chose qui s’en rapproche c’est l’utilisation de l’uranium et la production d’électricité. A part ça, tout ce qui concerne ces start-up et leurs concepts de réacteurs sont très différents du nucléaire que tout le monde connaît.

Où est l’Elon Musk du nucléaire ?

D.S. - Certains considèrent Elon Musk (ndlr : PDG de Tesla et de SpaceX) comme le « Thomas Edison » de notre temps. Pourtant, rien de ce qu’il fait n’est très controversé et personne ne va s’opposer à ces idées. Ce qu’il propose est excitant et inspirant. La première chose qui doit arriver avec le nucléaire c’est qu’il doit redevenir cool, sympathique aux yeux du grand public, comme les choses qu’Elon Musk réalise. Certains, comme Bill Gates ou Jeff Sachs soutiennent l’énergie nucléaire mais ils s‘intéressent à bien d’autres choses et ne peuvent pas seulement graviter autour du nucléaire.