06.03.2017

2/8 - Les contraintes d’une électricité renouvelable variable sur la gestion du mix électrique

Les contraintes d’une électricité renouvelable variable sur la gestion du mix électrique
Par Jacques Percebois, professeur émérite à l’université de Montpellier et directeur scientifique de la Chaire Économie du climat de l’université Paris-Dauphine

Les énergies renouvelables, qu’elles soient variables comme le solaire ou l’éolien, ou programmables comme l’hydraulique, ont leur place dans le mix électrique des pays de l’Union européenne, à côté des énergies programmables comme le nucléaire ou les centrales thermiques utilisant des combustibles fossiles. Ces énergies renouvelables variables ont été développées via des mécanismes hors marché qui ont engendré un certain nombre d’effets pervers et cela nécessite aujourd’hui d’introduire des réformes au niveau du fonctionnement du marché comme à celui de la gestion des réseaux. L’autoconsommation fait partie des solutions mais ne règle pas tout. Tant que le stockage des énergies variables ne sera pas possible à grande échelle ces énergies conserveront une place qui sera nécessairement bornée par la nécessité de satisfaire une demande qui aux heures de pointe ne peut pas se satisfaire d’aléas au niveau de l’offre d’électricité.

Le choix du mix électrique d’un pays est le produit de l’Histoire et de la Géographie et il n’y a donc d’optimalité que par référence à des contraintes nationales. Même sous le régime de la libéralisation, le choix de ce mix demeure de la compétence exclusive des États, la Commission européenne n’intervenant que dans le domaine du droit de la concurrence. En Europe, le mix électrique comprend à la fois de l’électricité dite « programmable » et de l’électricité qualifiée de « variable ». Le poids de l’électricité programmable demeure élevé (88 % environ selon Eurostat) : les combustibles fossiles (charbon, gaz naturel et fioul) représentaient encore 47,5 % de la production d’électricité de l’Union européenne en 2015, le nucléaire 27,4 % et l’hydraulique 13,2 %. Les renouvelables variables en produisaient donc 12 % environ, 8 % pour l’éolien et 4 % pour le

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