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Y a-t-il assez d'uranium dans le monde
pour rendre le nucléaire durable ?
L’uranium est relativement répandu dans l’écorce
terrestre à raison de 3 grammes par tonne en moyenne. Il
est environ 50 fois plus abondant que le mercure et 1000 fois plus
que l’or. Par contre les gisements à teneur significative
(de l'ordre du %) restent aujourd'hui en nombre limité.
Les ressources connues (souvent appelées à tort réserves)
sont estimées régulièrement par l’OCDE
et l’AIEA : ainsi les ressources classiques connues accessibles
à un coût inférieur à 130 dollars par
kg d’U sont en 2001 de 3,93 millions de tonnes à comparer
à une consommation mondiale actuelle de 64 000 tonnes par
an. Ces ressources classiques connues correspondent ainsi à
60 ans de fonctionnement dans les conditions actuelles
.
Cette donnée est, à tort, utilisée parfois
pour soutenir que la quantité de ressources naturelles limite
la durabilité du nucléaire. En effet :
- Compte tenu de l’état du marché, il n’y
a pratiquement plus aujourd'hui de prospection et des gisements
restent à découvrir.
- L’uranium ne représentant que 5 % du coût de
l’électricité nucléaire, on peut admettre
de supporter des coûts d’uranium plus élevés
que le niveau retenu actuellement. De nombreux gisements, voire
des voies moins classiques telles que l’extraction de l’uranium
des phosphates, deviennent alors économiquement justifiés.
- Mais c’est surtout le recours aux réacteurs à
neutrons rapides qui permettra à long terme de s’affranchir
de toute contrainte relative à la matière première.
En effet ces réacteurs en consommant le plutonium produit
par le fonctionnement des réacteurs actuels, c'est-à-dire
en fait l'uranium 238 qui constitue 99,3 % de l'uranium minerai,
diviseront le besoin en matière première par un ordre
de grandeur de 50 à 100. La durée des ressources naturelles
est alors multipliée par le même facteur.
En définitive, utilisée dans les réacteurs
actuels, la ressource uranium est, à l'instar de la ressource
pétrolière telle qu'elle est appréciée
aujourd'hui, à l'échelle du siècle. Par contre,
grâce aux réacteurs à neutrons rapides, elle
pourrait couvrir nos besoins à l'échelle de plusieurs
millénaires.
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