Pourra-t-on bientôt fabriquer de l'électricité grâce à la fusion ?

Contrairement à la fission nucléaire au cours de laquelle la fragmentation d'un noyau atomique lourd libère de l'énergie, la fusion produit de l'énergie par assemblage de deux noyaux d'atomes légers. Source de l'énergie du soleil et des étoiles, la fusion dégage une énergie considérable : la fusion d'1 kg d'isotopes de l'hydrogène équivaut à la fission d'une tonne d'uranium ou à la combustion de 10 000 tonnes de pétrole.
Mais sa mise en œuvre (recréer sur terre les conditions existant à l'intérieur du soleil ?) pose des problèmes considérables : comment obtenir et contrôler dans la durée cet état particulier de la matière que constitue un plasma ? Quels matériaux utiliser dans les conditions de pression, de champ magnétique et surtout de température (plusieurs dizaines de millions de degrés) nécessaires ? Comment extraire l'énergie, d'un tel milieu de façon à la rendre utilisable ? Faute d'avoir encore établi clairement les conditions de la réaction de fusion, nul n'a pu, à ce jour, proposer un dessin quelque peu réaliste des futures centrales ni en estimer valablement les coûts ou les risques. Cependant des efforts considérables sont déployés pour surmonter ces difficultés, au sein d'un vaste programme international regroupant Europe, Etats-Unis et Japon (projet ITER). Un prochain investissement devrait permettre d'observer, pour la première fois, une réaction de fusion stabilisée sur une certaine durée. Le chemin est donc encore long à parcourir et les experts ne prévoient pas de développement industriel significatif avant au moins 50 ans.