La radioactivité est-elle dangereuse ?

Tout dépend du niveau d'exposition :
  1. De "faibles doses" d' irradiation se révèlent inoffensives pour la matière vivante : nous vivons dans un univers naturellement radioactif. Ceci résulte de l'existence d'une radioactivité naturelle qui est en France de l'ordre de 2,4 milliSievert /an et qui peut dépasser 100 mSv /an dans certaines régions du monde (sans que l'on n'ait pu d'ailleurs déceler aucun impact sur la santé dans les régions les plus exposées).
    A cette radioactivité naturelle, les activités humaines ne font qu'ajouter une radioactivité dite artificielle qui, d'une part, n'est pas de nature différente et qui, d'autre part, est bien inférieure à la radioactivité naturelle. Hors cas d'accident grave, la radioactivité artificielle provenant des industries nucléaires est au maximum de l'ordre de 0,02 mSv /an.
    Les études biologiques ont clairement établi que cette compatibilité entre le "vivant" et les "faibles doses"repose sur des mécanismes fondamentaux des cellules, tels que réparations ou éliminations des cellules endommagées. De tels mécanismes sont en fonctionnement permanent dans tout organisme vivant.
    Les études épidémiologiques menées depuis un siècle, depuis que la radioactivité a fait irruption dans notre monde, démontrent que, hors cas d'accident, il n'y a eu aucun impact de la radioactivité d'origine industrielle sur la santé tant des ouvriers du nucléaire que du public.

  2. A l'inverse, à partir d'un certain niveau d'exposition, la radioactivité est dangereuse, voire mortelle. C'est qu'en effet les rayonnements émis par les corps radioactifs, en pénétrant dans toute substance vivante, et notamment notre corps, y créent des perturbations pouvant se traduire par la mort ou l'altération (mutation) des cellules.
    Il est alors nécessaire d'entourer toute source de rayonnements de quelque importance de matériaux empêchant ces rayonnements d'atteindre des organismes vivants et d'éviter des dispersions incontrôlées de matières radioactives. C'est ce qui est fait autour des réacteurs nucléaires ou des installations médicales utilisant des isotopes radioactifs.
    Ce danger de la radioactivité a été perçu dès ses premières utilisations. Et c'est dès 1928 que s'est mise en place, de façon indépendante, une Commission Internationale de Protection contre les Rayonnements (CIPR ou ICRP en anglais) qui s'est donné pour tâche d'édicter les règles permettant de garantir la sécurité des exploitants de sources radioactives aussi bien que celle du public. Il ne fait pas de doute que l'application de ces règles a permis de diminuer grandement le nombre d'accidents d'irradiation dans le monde (accidents liés essentiellement à de mauvais comportements lors d'usages médicaux ou industriels de sources radioactives).

  3. Où finissent les "faibles doses" ? C'est une question complexe dont les experts n'ont pas fini de discuter. Cette limite peut d'ailleurs varier si l'on considère des organismes particulièrement sensibles tels que l'embryon.
    En tout état de cause cette limite est certainement bien supérieure (puisque c'est la règle du jeu que s'est fixée la CIPR) aux valeurs réglementaires recommandées par celle-ci. A savoir, pour les travailleurs, 100 millisieverts sur 5 ans, et, pour le public, 1 millisievert par an. Et si la Commission préconise que pour les travailleurs, les doses reçues soient limitées au maximum ("as low as reasonably achievable" : c'est le principe ALARA), elle insiste également pour qu'un léger dépassement des limites réglementaires ne soit pas considéré comme le franchissement d'un seuil de danger.


  4. Contrairement à bien d'autres industries qui n'ont découvert que progressivement le risque associé, l'industrie nucléaire est née avec la perception des risques qu'elle induit. Les résultats acquis et vérifiés sur un demi-siècle d'activité industrielle démontrent qu'elle a su convenablement en protéger les personnes et l'environnement.