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La radioactivité est-elle dangereuse ?
Tout dépend du niveau d'exposition :
- De "faibles doses" d' irradiation se révèlent inoffensives
pour la matière vivante : nous vivons dans un univers naturellement
radioactif. Ceci résulte de l'existence d'une radioactivité naturelle
qui est en France de l'ordre de 2,4 milliSievert /an et qui peut
dépasser 100 mSv /an dans certaines régions du monde (sans que
l'on n'ait pu d'ailleurs déceler aucun impact sur la santé dans
les régions les plus exposées).
A cette radioactivité naturelle, les activités humaines ne font
qu'ajouter une radioactivité dite artificielle qui, d'une part,
n'est pas de nature différente et qui, d'autre part, est bien
inférieure à la radioactivité naturelle. Hors cas d'accident grave,
la radioactivité artificielle provenant des industries nucléaires
est au maximum de l'ordre de 0,02 mSv /an.
Les études biologiques ont clairement établi que cette compatibilité
entre le "vivant" et les "faibles doses"repose sur des mécanismes
fondamentaux des cellules, tels que réparations ou éliminations
des cellules endommagées. De tels mécanismes sont en fonctionnement
permanent dans tout organisme vivant.
Les études épidémiologiques menées depuis un siècle, depuis que
la radioactivité a fait irruption dans notre monde, démontrent
que, hors cas d'accident, il n'y a eu aucun impact de la radioactivité
d'origine industrielle sur la santé tant des ouvriers du nucléaire
que du public.
- A l'inverse, à partir d'un certain niveau d'exposition, la
radioactivité est dangereuse, voire mortelle. C'est qu'en effet
les rayonnements émis par les corps radioactifs, en pénétrant
dans toute substance vivante, et notamment notre corps, y créent
des perturbations pouvant se traduire par la mort ou l'altération
(mutation) des cellules.
Il est alors nécessaire d'entourer toute source de rayonnements
de quelque importance de matériaux empêchant ces rayonnements
d'atteindre des organismes vivants et d'éviter des dispersions
incontrôlées de matières radioactives. C'est ce qui est fait autour
des réacteurs nucléaires ou des installations médicales utilisant
des isotopes radioactifs.
Ce danger de la radioactivité a été perçu dès ses premières utilisations.
Et c'est dès 1928 que s'est mise en place, de façon indépendante,
une Commission Internationale de Protection contre les Rayonnements
(CIPR ou ICRP en anglais) qui s'est donné pour tâche d'édicter
les règles permettant de garantir la sécurité des exploitants
de sources radioactives aussi bien que celle du public. Il ne
fait pas de doute que l'application de ces règles a permis de
diminuer grandement le nombre d'accidents d'irradiation dans le
monde (accidents liés essentiellement à de mauvais comportements
lors d'usages médicaux ou industriels de sources radioactives).
- Où finissent les "faibles doses" ? C'est une question complexe
dont les experts n'ont pas fini de discuter. Cette limite peut
d'ailleurs varier si l'on considère des organismes particulièrement
sensibles tels que l'embryon.
En tout état de cause cette limite est certainement bien supérieure
(puisque c'est la règle du jeu que s'est fixée la CIPR) aux valeurs
réglementaires recommandées par celle-ci. A savoir, pour les travailleurs,
100 millisieverts sur 5 ans, et, pour le public, 1 millisievert
par an. Et si la Commission préconise que pour les travailleurs,
les doses reçues soient limitées au maximum ("as low as reasonably
achievable" : c'est le principe ALARA), elle insiste également
pour qu'un léger dépassement des limites réglementaires ne soit
pas considéré comme le franchissement d'un seuil de danger.
Contrairement à bien d'autres industries qui n'ont découvert que
progressivement le risque associé, l'industrie nucléaire est née
avec la perception des risques qu'elle induit. Les résultats acquis
et vérifiés sur un demi-siècle d'activité industrielle démontrent
qu'elle a su convenablement en protéger les personnes et l'environnement.
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