Qu'est-ce qu'un fluide modérateur ?
Un fluide caloporteur ?


La production d'énergie au sein du "cœur" d’un réacteur nucléaire résulte de la fission des noyaux d’uranium (et/ou de plutonium). Chaque fission est produite par l'impact d'un neutron sur un noyau fissile d'uranium (ou de plutonium), ce neutron provenant lui-même d'une fission antérieure ; c'est ce que l'on appelle la réaction en chaîne.

Il se trouve que les lois de la physique permettent de faire agir les neutrons :

- soit à la vitesse à laquelle ils sont produits par les fissions précédentes : on a alors un réacteur dit à neutrons rapides,

- soit après les avoir ralentis. Il faut pour ce faire introduire dans le coeur un matériau ralentisseur de neutrons appelé « modérateur ». On a alors un réacteur à neutrons thermiques.

Ce qui se passe entre noyaux et neutrons est un peu différent dans ces deux cas : disons sommairement que la probabilité qu'il y ait fission est plus grande dans le second cas, alors qu'avec des neutrons rapides, on aura davantage d'absorptions de neutrons par les noyaux non fissiles, aboutissant à la création de nouveaux noyaux fissiles.

Dans tous les cas, il faut évacuer la chaleur produite par la fission et la transporter vers l'organe produisant l'électricité : c’est le rôle d'un fluide appelé « caloporteur ».

Le matériau utilisé comme modérateur peut être solide (graphite) ou liquide (eau lourde, eau ordinaire). Le caloporteur peut être liquide (eau lourde, eau ordinaire, métal fondu, voire liquide organique) ou gazeux (hélium, gaz carbonique). Dans les réacteurs à eau ordinaire sous pression fonctionnant en France, le même fluide, l’eau ordinaire, joue simultanément les rôles de modérateur et de caloporteur.