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On évoque parfois un réacteur nucléaire naturel découvert au Gabon. Qu'est-ce que c'est ?
Il s'agit d'une découverte fortuite faite en 1971 dans la mine d'uranium
d'Oklo au Gabon.
Cette mine contenait des zones de minerai très riche en uranium, mais
on s'est aperçu que la teneur isotopique en isotope 235 de l'uranium
qui en était extrait était inférieure à celle universellement reconnue
pour l'uranium naturel.
Un examen approfondi permit de mettre à jour des variations importantes
de teneur isotopique d'un point à l'autre du minerai. Le phénomène
a pu être expliqué : Il y a 2 milliards d'années, les minerais d'uranium
contenaient environ 3,5 % d'isotope 235 au lieu de 0,7 % aujourd'hui.
Pour peu que le minerai soit concentré en uranium et qu'un modérateur,
l'eau, soit en quantité suffisante, on s'est trouvé dans des conditions
de criticité semblables à celles de nos réacteurs à eau légère. Autrement
dit, des réactions de fission se sont déclenchées, initiant et entretenant
une réaction en chaîne. Plusieurs réacteurs naturels ont été identifiés
sur le site. Contrairement aux réacteurs actuels conçus pour tourner
à pleine puissance pendant quelques décennies, ces réacteurs naturels
ont fonctionné au ralenti pendant quelque 100 000 ans ! Cette découverte
a suscité un grand intérêt dans la communauté scientifique, en particulier
pour la question de la gestion des déchets. En effet la migration
dans le sous-sol des éléments radioactifs sur une très longue période
s'est révélée extrêmement limitée.
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