Comment la radioactivité peut-elle combattre le cancer ?
C'est peu de temps après la découverte de la radioactivité que les
premiers essais thérapeutiques ont eu lieu par P. Curie lui-même.
Dès 1901, à l'Hôpital Saint-Louis à Paris, des traitements de lésions
cutanées sont effectués puis C. Regaud met au point des aiguilles
permettant d'irradier les tumeurs profondes. Simultanément, on découvre
que les tissus tumoraux sont plus affectés que les cellules normales
par les effets destructeurs des rayonnements (Bergonié-Tribondeau
en 1906). Cette constatation repose sur la capacité des rayonnements
ionisants à détruire en priorité, au-dessus de certaines doses, le
potentiel reproductif des cellules. Les cellules tumorales, se reproduisant
rapidement et de façon anarchique, sont donc plus " radio-sensibles
" que les tissus sains.
Actuellement, on utilise ce que l'on nomme la radiothérapie "interne"
ou "métabolique". Le principe consiste à administrer un produit
"radiopharmaceutique" qui va se fixer sur la tumeur pour y délivrer
localement une irradiation à but curatif ou éventuellement palliatif
(rayonnements "bêta" accompagnés ou non de rayonnements "gamma",
ces derniers permettant de suivre la concentration du produit par
une imagerie scintigraphique classique).
Tout le problème consiste à trouver un produit susceptible de présenter
une forte affinité pour le type de cancer visé, tout en se fixant
très peu ou pas du tout dans les tissus avoisinants, le surplus de
dose étant éliminé le plus rapidement possible par les voies naturelles.
L'exemple le plus connu est l'Iode 131 qui est utilisé dans les
pathologies de la glande thyroïde, mais on peut aussi citer le Phosphore
32 pour certains troubles sanguins, le Strontium 89 pour traiter
les douleurs des métastases osseuses, les colloïdes marqués (à l'Yttrium
90, au Rhenium 186 ou à l'Erbium 169) pour agir à l'intérieur des
articulations ("synoviorthèses").
Le travail du médecin nucléaire chargé de suivre
ce type de prescription est particulièrement important. Après avoir
vérifié l'absence de contre-indication, il doit calculer les doses
pour obtenir l'effet souhaité avec une irradiation minimale, envisager
si nécessaire une hospitalisation dans un service hautement spécialisé,
prévoir éventuellement des traitements préalables adaptés, enfin contrôler
les résultats obtenus.
De plus en plus de pathologies cancérologiques
sont justiciables de cette radiothérapie métabolique dont les techniques
ne cessent de progresser, grâce à la mise au point de nouveaux radio-pharmaceutiques
(anticorps et peptides marqués par exemple).
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