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NUCLÉAIRE ET ENSEIGNEMENT
GÉNÉRAL
par Jacques POIRIER, Professeur
associé au CNAM |
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Les
caractéristiques propres du système éducatif national font qu'il propose
de fait des enseignements dans tous les métiers, dans la plupart des
disciplines et à tous les niveaux, dont ont besoin tous les acteurs
du secteur nucléaire, chercheurs, concepteurs, exploitants, contrôleurs,
etc. L'INSTN complète cette offre dans des
cas spécifiques.
L'industrie nucléaire a besoin de spécialistes de tous niveaux de
formation dans toutes les disciplines. Système complexe, une centrale
électronucléaire ou une usine du cycle du combustible (concentration
du minerai, conversion, enrichissement, fabrication des assemblages,
retraitement) met en œuvre des systèmes élémentaires utilisant pratiquement
tous les compartiments de la connaissance en physique, chimie, science
des matériaux, mécanique, hydraulique, écoulements des fluides, thermique,
électricité, électronique, etc. Bien peu de cours enseignés dans les
divers lycées techniques, écoles et universités ne trouvent pas d'application
dans les centrales ou les usines.
Il n'en est que plus aisé de distinguer ce qui, à l'heure actuelle,
n'est pas enseigné dans les divers établissements de l'Education Nationale.
Il s'agit principalement de la physique des neutrons - parfois appelée
"neutronique" qui ne trouve évidemment pas d'autre application que
celle des réacteurs ou des études de criticité.
C'est la raison pour laquelle elle fait l'objet d'un cours solide
dans le cadre du Génie atomique enseigné à l'INSTN.
Il s'agit aussi d'une formation globale à la conception de l'électronucléaire,
articulant entre elles les diverses disciplines scientifiques pour
transformer un ensemble de connaissances en une réalisation technologique
réaliste et efficiente et permettant de construire des stratégies
d'évolution innovante des systèmes. Le Génie Atomique répond à ce
besoin. Il s'agit enfin des aspects particuliers de l'influence des
rayonnements nucléaires sur le corps humain et sur la vie, ceci sous
de nombreux aspects. Comme ils sont peu enseignés à l'Université,
sauf au Conservatoire
National des Arts et Métiers au titre de la Promotion Supérieure
du Travail et dans quelques écoles d'ingénieurs, l'INSTN s'en charge
et répond ainsi aux besoins spécifiques du secteur nucléaire et du
secteur médical.
En conséquence, aux exceptions près citées ci-dessus, le secteur nucléaire
attend du système éducatif national la formation de bons spécialistes,
de tous niveaux de formation initiale, dans toutes les disciplines
techniques, scientifiques, administratives et de gestion qu'il sait
bien former. La seule réserve concernerait les personnels appelés
à évoluer à un haut niveau de décision et de synthèse qui ne semblent
pas disposer - à l'exception notable des ingénieurs de l'Ecole
Nationale Supérieure de Physique et de Chimie de la Ville de Paris*
- d'un enseignement mettant en relation tous les facteurs techniques,
scientifiques, sociaux, juridiques et économiques qu'il seront conduits
à articuler entre eux, y compris dans leurs décisions techniques quotidiennes.
Il est vrai que les entreprises et organismes du secteur nucléaire
organisent elles-mêmes des "stages d'accueil" des nouveaux recrutés
ou des nouveaux promus qui peuvent combler cette lacune.
* L'Ecole Supérieure de
Physique et Chimie Industrielles de la Ville de Paris forme en quatre
ans d'études des ingénieurs physiciens et chimistes. Recrutement
sur concours commun avec l'Ecole polytechnique. Recrutement aussi
sur titres avec un DEUG (comité de sélection). La majorité des diplômés
entreprennent une carrière dans la R&D publique et privée. Il n'y
a pas de formation spécifique au nucléaire hormis une option de troisième
année (Grands systèmes techniques et naturels) dans laquelle un cours
d'introduction au nucléaire (12 heures) est donné.
Ce texte
est extrait de la Revue Générale Nucléaire N°5/2000
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