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Y-a-t'il un risque de pénurie d'uranium ?

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Va-t-on vers une rupture de stock sur le marché mondial de l’uranium ? Ce combustible qui alimente les 440 réacteurs nucléaires en exploitation dans le monde va-t-il bientôt manquer et entraîner ainsi un ralentissement puis un arrêt de l’énergie nucléaire ? 

L’inventaire annuel montre que les réserves de ce métal sont suffisamment abondantes pour permettre un développement durable du nucléaire, tout au long du 21e siècle et au-delà.

Selon l’AIEA qui fait référence dans ce domaine, les ressources mondiales identifiées sont de plus de 5,9 millions de tonnes, soit l’équivalent d’un siècle de consommation au rythme actuel.  Ces ressources ont été régulièrement révisées à la hausse ces dernières années car les campagnes de prospection se multiplient, découvrant de nouveaux gisements.

Il faut ajouter à ce chiffre les « ressources supplémentaires estimées », celles dont les études démontrent l’existence, évaluées à 10,6 millions de tonnes, et dont la mise à jour ne fait guère de doute. Au total, avec ces 16 millions de tonnes d’uranium dont la disponibilité semble pratiquement acquise la durée de fonctionnement du parc nucléaire mondial au rythme actuel de consommation est de plus de 2 siècles. Précisons que ces chiffres découlent de réserves dont l’exploitation est estimée à moins de 130 dollars le kilo. Si l’on portait conventionnellement ce prix à 200 dollars le kilo, par exemple, le montant global des ressources estimées serait nettement supérieur aux 16 millions de tonnes annoncées…et la durée de fonctionnement du parc en serait allongée d’autant.

Soulignons également que la production effective d’uranium est dans la période actuelle de l’ordre de 57 000 tonnes/an. Les quelque 10 000 tonnes manquantes pour fournir chaque année la totalité du parc nucléaire proviennent de ce que l’on appelle les « sources secondaires », soit principalement la reconversion d’une partie des stocks militaires russes et américains et  le déstockage de réserves accumulées par les compagnies d’électricité. Ces sources vont progressivement diminuer dans la période à venir, mais elles auront eu pour effet de limiter les prélèvements sur les ressources « en terre ».

Au cas où le parc nucléaire mondial se développerait, les consommations annuelles d’uranium s’afficheront bien sûr à la hausse. On pourrait y faire face de plusieurs manières : en intensifiant la prospection, car il y a de toute évidence d’importantes réserves d’uranium non encore identifiées ; en récupérant l’uranium dans les  phosphates, où il est présent en quantités importantes : on estime à environ 22 millions de tonnes l’uranium ainsi récupérable (estimation du Département de l’Energie des Etats-Unis) ; en extrayant l’uranium de l’eau de mer, mais cela est plus problématique.

Le recours à un autre élément naturel, le thorium, est également théoriquement possible pour alimenter un parc nucléaire. Le thorium n’est pas lui-même fissile, mais dans le cœur d’un réacteur il peut se transformer, par capture d’un neutron, en uranium 233 fissile. Quelques pays  réfléchissent à l’utilisation de ce combustible, dont l’Inde qui en possède des réserves très importantes. Une caractéristique intéressante des réacteurs au thorium est que les résidus produits contiennent une quantité plus faible d’actinides mineurs et ne produisent pas de plutonium, ce qui est un avantage dans la gestion à long terme des déchets radioactifs. Cependant sa maturité industrielle ne pourra être atteinte que d’ici 20 à 30 ans si les efforts adéquats sont déployés.

Mais lorsque l’on parle de l’uranium et de sa durabilité, un point capital est à noter : dans les réacteurs de 4e génération, qui devraient être développés industriellement à partir des années 2040, l’uranium sera utilisé avec un rendement environ 60 fois supérieur. Cela signifie que les ressources  d’uranium aujourd’hui identifiées seront multipliées par 60 et pourront ainsi alimenter un grand parc nucléaire mondial de réacteurs à neutrons rapides pendant plusieurs milliers d’années. Ces évaluations, qui peuvent sembler pour le moment théoriques, reflètent cependant une réalité : celle de la durabilité du nucléaire – que l’on pourrait légitimement classer dans la catégorie des énergies renouvelables –  fondée sur le double acquis des réserves de combustible et de la technologie.

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Quelle est cette fumée blanche au-dessus des centrales ?

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Ce n’est pas de la fumée, mais de la vapeur d’eau ! 

Evacuer la chaleur

Cette vapeur d’eau, visible au-dessus des centrales nucléaires, vient d’une tour de refroidissement (ou aéroréfrigérant).

Toute centrale, nucléaire ou thermique (gaz, charbon, fioul), qui utilise une turbine à vapeur doit évacuer la chaleur qui résulte de la condensation de la vapeur résiduelle en eau. Si elle ne peut le faire directement dans un fleuve ou en mer, elle utilise des tours de réfrigération. Au sein de ces tours, la chaleur est dissipée par évaporation d’eau.

Suivant les conditions météorologiques, cette vapeur d’eau peut être quasiment invisible ou bien former un panache plus ou moins volumineux.

Le procédé

L’eau chaude qui a refroidi la turbine, est dispersée et mélangée à l’air ambiant au pied de la tour. La majeure partie de cette eau se refroidit en tombant dans un bassin, sous la tour. Une autre partie est entraînée par l’air ascendant dans la tour et se condense en un nuage de gouttelettes qui forme la fumée, le panache blanc.

L’eau froide récupérée dans le bassin est pompée vers le condenseur de la turbine. Dans les tubes du condenseur, elle refroidit le circuit de l’eau secondaire qui refroidit à son tour, à travers les générateurs de vapeur, l’eau primaire qui circule dans le réacteur nucléaire.

La fumée blanche est non-radioactive

Ce circuit de refroidissement est séparé du circuit primaire par un circuit intermédiaire. Il ne peut donc être contaminé. L’eau dans le panache n’a donc pas été en contact avec la partie nucléaire de la centrale… Mais elle est quand même surveillée et contrôlée, comme tous les rejets des centrales nucléaires.

Ce panache montre simplement que la centrale est en fonctionnement et produit de l’électricité.

Les centrales n’ont pas toutes des tours de refroidissement

Les tours refroidissement se trouvent principalement dans les centrales installées en bord de fleuve et qui ont besoin d’un moyen complémentaire de refroidissement.

Ainsi, les centrales installées en bord de mer et qui disposent d’une réserve inépuisable d’eau, n’ont pas de tour. Et pas de panache !

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Une centrale nucléaire peut-elle exploser ?

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Non, une centrale n’est pas une bombe atomique !

Une bombe atomique et une centrale nucléaire utilisent toutes les deux l’énergie très importante contenue dans les noyaux libérés par la réaction en chaîne.

Mais, à la différence d’une bombe atomique, une centrale nucléaire utilise un uranium enrichi à environ 4% totalement impropre à faire une bombe. Tandis qu’une bombe atomique utilise de l’uranium et du plutonium presque purs. 

Des explosions se sont produites lors des accidents de Fukushima et de Tchernobyl. Mais ce n’est pas le combustible nucléaire qui a explosé. A Tchernobyl, la combinaison de multiples facteurs physico-chimiques est à l’origine des explosions. A Fukushima, c’est l’accumulation massive d’hydrogène qui est en cause.

Le traitement du combustible, qui consiste à séparer les différents types de matières contenues dans le combustible usé et donc à isoler le plutonium, est parfois jugé comme porteur d’un risque de prolifération. L’existence de ce risque est discutable puisque le plutonium récupéré dans un combustible usé après une utilisation normale en réacteur est impropre à un usage militaire.

Au niveau international, l’AIEA remplit deux missions : formuler des recommandations en matière de sûreté et contrôler la non-prolifération nucléaire. Elle dispose d’un corps d’inspecteurs et de caméras installées dans certains sites sensibles.

Les risques de prolifération sont bien identifiés dans le cycle du combustible du nucléaire civil. Pour se doter de l’arme nucléaire, un pays doit avant tout se procurer de la matière fissile de bonne qualité : la fabrication d’armes nucléaires suppose soit de l’uranium hautement enrichi en isotope 235, soit du plutonium contenant plus de 90 % d’isotope 239.

En ce qui concerne l’uranium, le minerai naturel est composé à plus de 99 % d’uranium 238 – non fissile – et donc à moins de 1 % de son isotope fissile, l’U235. Or, c’est cet isotope fissile qui permet de lancer la réaction en chaîne. Des procédés d’enrichissement, qui consistent à accroître la proportion d’uranium 235, peuvent être nécessaires pour en faire un usage civil ou militaire. Les réacteurs fonctionnant à l’uranium enrichi ne requièrent un taux d’enrichissement que de 3 à 5 % ; on parle alors d’uranium faiblement enrichi. Pour l’uranium, la qualité militaire n’est atteinte qu’avec un taux d’uranium 235 de 90 %. L’uranium n’est donc une matière proliférante que dans la mesure où les technologies permettant son enrichissement sont maîtrisées et utilisées à des fins militaires. S’agissant du plutonium, tout réacteur nucléaire en produit, avec une teneur variable en isotope 239, celui impliqué dans les applications militaires. La composition en isotope 239 dépend principalement du type de combustible utilisé et de la durée pendant laquelle ce combustible est placé dans le coeur du réacteur : en effet, plus un atome de plutonium passe de temps dans un réacteur, plus la probabilité qu’il capture un neutron supplémentaire le transformant en plutonium 240, voire en un isotope de masse atomique supérieure, est élevée. Or, les isotopes pairs du plutonium sont impropres à un usage militaire. La production de plutonium militaire exige donc de retirer fréquemment l’uranium du coeur du réacteur alors que, pour la production d’électricité, le combustible reste dans le réacteur pendant plusieurs mois, voire plusieurs années.

Le plutonium issu des combustibles usés de certains types de réacteurs de puissance peut, en théorie, être utilisé pour réaliser un engin explosif, mais dans des conditions douteuses de sûreté et d’efficacité compte tenu de sa radioactivité qui rend sa manipulation complexe. Il faut noter que les États-Unis, afin de rendre des stocks de plutonium militaire impropres à la fabrication d’armes, ont lancé un programme de transformation de ce plutonium en combustible MOX qui sera dégradé par son utilisation dans les réacteurs civils de production d’électricité.

Lorsqu’un État constitue une filière nucléaire civile, il importe ou produit des matières fissiles (comme l’uranium) et pourrait développer certaines compétences susceptibles d’être mises au service de projets militaires. Néanmoins, l’industrie nucléaire est soumise à des accords internationaux qui interdisent tout détournement de cette nature. Ils imposent notamment des inspections qui ont fait preuve de leur efficacité. Les programmes clandestins sont très difficiles à mettre en oeuvre. La Corée du Nord en a débuté un à la fin des années 1980, qu’elle a poursuivi même après avoir signé et ratifié le traité de non-prolifération en 1992. Elle a été sanctionnée par un embargo économique sévère dès 1994, embargo encore en vigueur aujourd’hui.

Tout pays qui développe une filière nucléaire civile doit se soumettre à des inspections internationales pour vérifier que les équipements ne sont pas détournés à des fins militaires. Le commerce international de matières fissiles et de matériel nucléaire est également sévèrement réglementé. Les États coopèrent pour éviter que des substances ou des technologies potentiellement dangereuses ne tombent entre de mauvaises mains. L’Union européenne a ainsi mis en place un partenariat avec les anciens pays soviétiques sur ce sujet.

Non, c’est une impossibilité physique. Une bombe est conçue pour libérer une très forte quantité d’énergie pendant un temps très court (moins d’une seconde). Ceci suppose des matériaux très concentrés en isotopes fissiles (de l’uranium 235 ou du plutonium 239 pratiquement purs) et des mécanismes tout à fait spécifiques. Dans un réacteur nucléaire, au contraire, on extrait de la matière fissile une quantité d’énergie stable sur une longue période (plusieurs années). On utilise pour cela des combustibles à faible enrichissement (moins de 5 % d’uranium 235 dans les réacteurs dits thermiques, moins de 20 % de plutonium dans un réacteur à neutrons rapides) impropres à faire une bombe.

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Le nucléaire est-il une énergie chère ?

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De toutes les énergies disponibles aujourd’hui, le nucléaire est la moins chère. Depuis plusieurs décennies déjà, il permet à la France d’avoir une électricité plus compétitive que celle de ses voisins européens. Cet atout bénéficie à l’ensemble de la collectivité, des ménages aux entreprises. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter.

L’énergie nucléaire reste l’énergie bas-carbone la plus compétitive pour longtemps.

Dans un rapport publié en janvier 2014, la Cour des comptes a montré que le coût de production qu’elle observe comprend bien l’ensemble des charges liées au nucléaire (hors recherche fondamentale comme dans tous les secteurs d’activité : autres énergies, télécoms, santé, …). En mai 2014 la Cour des comptes a mis à jour ce rapport, le coût de production du nucléaire se situe entre 56 et 61 €/MWh (Rapport de la Cour des Comptes, 2014).

Le coût de production de l’énergie nucléaire est plus compétitif que les tous les autres modes de production, thermiques - 70 à 100 €/MWh - ou renouvelables - 85 à 285 €/MWh (Ministère de l’écologie et du développement durable, 2014). L’hydraulique est mise à part de cette comparaison car le potentiel est déjà mobilisé et, pour les barrages d’altitude, assure des fonctions spécifiques dans la gestion de l’équilibre du système électrique.

Actuellement dans le monde et en Europe, les coûts de production de l’électricité évoluent à la hausse. Si la France est aussi impactée par cette tendance, la compétitivité du nucléaire protège l’Hexagone contre une trop forte inflation des prix. 

Le démantèlement et le stockage des déchets radioactifs sont compris dans le coût du nucléaire.

Les rapports de la Cour des comptes évaluent le coût économique complet du nucléaire : investissement initial, combustible d’uranium, coûts d’exploitation, travaux de rénovation, gestion et stockage des déchets radioactifs, démantèlement et réhabilitation du site. La Cour des comptes, comme l’Assemblée nationale,  a conclu à l’absence de coûts cachés dans la filière nucléaire.

Les charges futures de démantèlement des centrales sont intégrées dans le prix de vente du kilowatt/heure (kWh). Cela permet à l’exploitant, EDF, de constituer des provisions dans ses comptes. En 2013, les provisions constituées par la filière nucléaire pour le démantèlement est de 19,6 milliards d’euros placés sur des actifs dédiés qui couvriront, à terme, les dépenses estimées à 34,4 milliards d’euros.

Comme le démantèlement, le coût du stockage des déchets radioactifs est lui aussi inclus dans celui  du kilowattheure pour ne pas le faire porter par les générations futures. Des provisions sont constituées dans les comptes d’EDF, AREVA et CEA pour couvrir les frais de gestion des combustibles usés et de gestion des déchets. Fin 2013, les provisions sont de 23,4 milliards d’euros, également placées sur des fonds dédiés qui couvriront, à terme, les 52 milliard d’euros de dépenses.

Dans la mesure où le retour d’expérience est faible sur le démantèlement (des expériences mais pas à l’échelle industrielle d’un parc) et très faible pour le stockage des déchets en formation géologique), la Cour des comptes a mené une analyse de sensibilité : il en ressort qu’une augmentation de 100 % des dépenses relatives au stockage des déchets n’affecterait le coût de production que de 1%, et qu’une augmentation de 50% des coûts de démantèlement n’affecterait le coût de production nucléaire que de 2,5 %.

Le nucléaire, non générateur de CO2, n’est pas sujet à l’incertitude que représente le prix du CO2. Une dernière incertitude pourrait résider dans le prix de l’uranium mais son approvisionnement ne représente qu’environ 5% dans le coût de production, de plus, cet approvisionnement est très largement basé sur des contrats de long terme moins sensibles aux fluctuations de marché.

Exploiter les centrales nucléaires au-delà de 40 ans préserverait la compétitivité du nucléaire  

Pour exploiter les réacteurs au-delà de 40 ans, sous réserve de l’autorisation de l’ASN, EDF prévoit d’investir près de 55 milliards d’euros d’ici 2025 en rénovations, soit près d’un milliard d’euros par réacteur. Ce montant, plus élevé que dans les autres pays, répond à l’exigence fixée par l’Autorité de sûreté nucléaire de se rapprocher, à l’étape des 40 ans, des objectifs de sûreté des réacteurs de troisième génération, de type EPR.

Ces investissements ne remettront pas en cause la compétitivité du nucléaire. Si les centrales nucléaires sont exploitées au-delà de 40 ans, le coût de production nucléaire se stabilisera aux alentours de 55 à 62€/MWh. Le nucléaire restera ainsi l’énergie la plus compétitive pour produire de l’électricité.

Les énergies renouvelables seront-elles moins chères que le nucléaire ?

Les énergies renouvelables peuvent être plus compétitives que le nucléaire pour produire de l’électricité. Mais cela dépend en grande partie de la géographie du pays où elles sont utilisées.

En Californie, l’ensoleillement est deux fois plus important qu’en France. De ce fait, les coûts de l’électricité d’origine renouvelable, essentiellement photovoltaïque, sont divisés par deux. Le pic de consommation - et donc le moment où est le prix du kilowattheure est le plus élevé  - correspond à l’utilisation de l’air conditionné en pleine journée, quand l’ensoleillement est le plus fort.

A l’inverse, en France, le pic de consommation se situe entre 18h et 22h, la semaine froide d’un hiver froid. C’est donc au moment où il y a le moins de soleil que l’électricité a le plus de valeur (Transition énergétique : quelles opportunités pour l’industrie française - Eurogroup Consulting, 2014).

D’autre part, le développement des énergies renouvelables implique de gérer l’intermittence de leur production par des transports d’électricité accrus entre les régions et en fonction des conditions climatiques. Il en résulte d’importants besoins en investissements dans le réseau électrique, actuellement organisé autour des centrales nucléaires et des barrages hydrauliques, et dans des moyens de production d’électricité mobilisables immédiatement (généralement des énergies carbonées). De plus, l’intermittence conduit à devoir accommoder de plus grandes fluctuation par les moyens de production pilotables, ces derniers s’en trouvent pénalisés au niveau de leur coût de production. Ces effets sont appelés « coûts systèmes ». Comparé aux coûts système des énergies programmables comme le nucléaire (2 USD2012/MWh), celui des énergies renouvelables est estimé, en France, de l’ordre de 20 USD2012/MWh pour l’éolien terrestre et de 40 USD2012/MWh pour le solaire (Énergies nucléaire et renouvelables - AEN/OCDE, 2013).

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Que fait-on des déchets nucléaires ?

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On entend souvent dire que « Le problème du nucléaire, c’est les déchets »... Mais la question des déchets nucléaires est prise en charge par les exploitants, les autorités et l’Etat depuis bien longtemps.

Si 62 % des déchets radioactifs produits en France sont issus de l’industrie nucléaire (exploitation de centrale nucléaire, de laboratoire de recherche, etc.), 38 % sont produis par d’autres secteurs comme la médecine (sources radioactives utilisées pour des examens type scintigraphie ou des traitements) ou encore la Défense.

A la différence des autres filières électrogènes comme le gaz, le charbon ou le fioul qui ne gèrent pas le CO2 (déchets) qu’elles génèrent, la filière nucléaire retraite, recycle et stocke ses déchets.  

Un déchet nucléaire, ça se recycle aussi !

Jusqu’à 96 % du combustible usé issu d’un réacteur nucléaire peut être recyclé. En France, le recyclage  des déchets nucléaires permet d’économiser les ressources en uranium naturel et de diviser le volume des déchets par 5 et leur radioactivité par 10. La France est le seul pays à disposer de cette technologie. 

90% des déchets radioactifs sont à « vie courte »

Chaque année, la production de déchets radioactifs issus de l’industrie et de la médecine est rapportée à la population correspond à 2 kg de déchets radioactifs (dont 5 g concentrent 97 % de la radioactivité) par habitant en France. Dans le même temps, les déchets toxiques industriels représentent chaque année l’équivalent de 100 kg par habitant.

90% des déchets radioactifs sont dits « à vie courte ». Cela veut dire que leur radioactivité décroît de moitié en moins de 31 ans. Contrairement aux produits chimiques dont la toxicité reste stable dans le temps, la radioactivité décroît naturellement. Dans 300 ans, ces déchets « à vie courte » auront une radioactivité comparable à la radioactivité naturelle.

Stocker pour protéger l’environnement et les générations futures

La gestion des déchets nucléaires est encadrée par la loi du 28 juin 2006 relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs. La loi fixe plusieurs principes : la protection de la santé des personnes et de l’environnement, la réduction de la quantité et de la nocivité des déchets radioactifs, la prévention ou limitation des charges supportées par les générations futures et le principe « pollueur-payeur » qui prévaut en droit de l’environnement.

Le prix de l’électricité nucléaire intègre les coûts du démantèlement des centrales nucléaires et de la gestion à long terme des déchets.

Des solutions de stockage sûres et durables

Selon le type de déchets, à vie longue, à vie courte, à radioactivité élevée ou faible, le traitement sera différent. Les déchets à faible niveau de radioactivité sont conditionnés dans des big-bags ou des casiers métalliques et stockés sur le lieu de production et dans un centre dédié.

Une partie des déchets moyennement radioactifs est solidifiée ou compactée pour réduire le volume. Ils sont ensuite placés dans un conteneur en métal ou en béton et enrobés avec du béton. Un tel « colis » est composé de 15 à 20 % de déchets radioactifs et de 80 à 85 % d'enrobage. D’autres déchets moyennement radioactifs sont compactés sous forme de galettes placées dans des colis en béton ou en métal et entreposés sur les sites où ils ont été conditionnés.

Les déchets très radioactifs à vie longue sont les résidus non réutilisables obtenus lors du retraitement des assemblages de combustible usés. Ils représentent de 3 à 5 % du combustible usé et 0,2% de l’ensemble des déchets radioactifs français. Ils sont traités, incinérés, incorporés dans une pâte de verre en fusion puis coulés dans un colis en inox. Un tel colis contient environ 400 kg de verre pour environ 11 kg de déchets. En attendant la création du centre de stockage profond Cigéo, ils sont entreposés sur les sites où les colis sont produits.

CIGEO, une solution de stockage à très long terme

90% des déchets radioactifs français disposent déjà d’une solution de stockage définitive.

Il est indispensable de définir une solution pérenne pour les déchets de haute activité. Ces déchets sont produits par la production d’énergie nucléaire, la Défense nationale, l’industrie, le secteur de la santé et la recherche. Certains resteront dangereux encore 100 000 ans.

La solution de leur stockage profond a été retenue par le Parlement en 2006. C’est le projet de Centre Industriel de stockage géologique Cigéo, développé par l’Andra et qui a fait l’objet de deux débats publics impliquant l’ensemble des parties prenantes. Sous réserve des autorisations accordées, Cigéo devrait être mis en service vers 2025.

D’autres pays, comme la Suède et la Finlande, s’engagent également vers cette solution qui permet d’assurer à long terme la sûreté des déchets, tout en limitant les charges pour les générations futures. 

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Quel avenir pour l’énergie nucléaire ?

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Le monde a déjà dépensé 70 % de son « budget carbone ». Le budget carbone, est la quantité totale de CO2 qui peut être émise dans l’air avant que le changement climatique soit irréversible. Le GIEC l’évalue à 2 900 milliards de tonnes, entre l’ère préindustrielle et 2050. Le monde a déjà dépensé 2 000 milliards de tonnes, dont 1 000 ces 40 dernières années. 

Le nucléaire, une des solutions face à l’urgence climatique 

Il est donc essentiel de développer l’ensemble des énergies bas carbone industriellement disponibles aujourd’hui ; le nucléaire est l’une d’entre elles. Car, contrairement aux centrales électriques brûlant des combustibles fossiles, les centrales nucléaires ne rejettent pas dans l’atmosphère de gaz à effet de serre.

D’après l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), l’énergie nucléaire a évité la libération de 56 gigatonnes de CO2 depuis 1971, l’équivalent de deux ans d’émissions mondiales totales aux rythmes actuels. En Europe, l’énergie nucléaire permet d’économiser l’équivalent des émissions de CO2 des trafics automobiles de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de la France et de l’Italie réunis.

L’énergie nucléaire permettra d’accompagner le développement des pays émergents

Les pays émergents comme la Chine et l’Inde ont une électricité dépendante du charbon pour plus de 70 %. Croissance économique et hausse du niveau de vie : ces pays auront besoin de plus en plus d’électricité ; et pour pouvoir préserver leur environnement, il est indispensable que l’électricité devienne décarbonée.

Pour relever ce double impératif (développement économique et lutte contre le changement climatique), ces pays développent massivement les énergies renouvelables et le nucléaire. La Chine dispose ainsi du programme nucléaire le plus important au monde.

Le nucléaire pour réduire la pollution atmosphérique

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la pollution atmosphérique fait chaque année plus de 7 millions de morts dans le monde, villes et campagnes confondues. 

Provoquée essentiellement par l’utilisation des énergies fossiles (pétrole, charbon et gaz) et par la combustion de la biomasse, la pollution atmosphérique est formée de composés gazeux (monoxyde de carbone dioxyde de soufre, oxyde d’azote, ammoniac…) et de particules en suspension. Les principaux détriments sanitaires provoqués par ces polluants sont les affections respiratoires, les cancers du poumon et les maladies cardiovasculaires. Cette situation est d’autant plus grave que l’humanité va devoir produire de plus en plus d’énergie pour répondre à la croissance démographique et à l’amélioration du niveau de vie dans les pays défavorisés.

L’utilisation du nucléaire à la place des combustibles fossiles permet d’éviter les rejets à l’atmosphère de quantités considérables de produits polluant, diminuant d’autant la pollution atmosphérique.

Demain : vers un nucléaire renouvelable ?

La 4ème génération de réacteurs nucléaires pourrait être déployée dans plusieurs dizaines d’années. Le secteur nucléaire français y travaille dans le cadre d’une coopération mondiale dont il est un des principaux animateurs. Le projet ASTRID conduit par le CEA, un prototype de moyenne puissance devant entrer en service dans les années 2020, relève de la filière des réacteurs à neutrons rapides (RNR). Ces RNR ont des potentialités exceptionnelles : ils sont capables de produire, avec la même quantité d’uranium naturel, soixante fois plus d’électricité que les réacteurs actuels. Ils pourraient ainsi assurer un approvisionnement en électricité de la France et du monde pendant des siècles. Ces réacteurs pourront également consommer le plutonium produit dans les centrales nucléaires classiques et diminuer le stock de déchets à vie longue en les transformant en déchets à vie courte.

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