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On entend dire parfois qu’ « on ne sait pas quoi faire
des déchets nucléaires ». C’est inexact.
L’industrie nucléaire a mis en place des méthodes
qui permettent de gérer ces déchets dans de bonnes
conditions de sécurité. Ces méthodes ont fait
leurs preuves. Elles sont mises en œuvre en France, depuis
des décennies et le constat est clair : ces déchets,
isolés de la biosphère par des enceintes étanches
n’ont jamais causé de nuisances significatives à
la santé des individus ou à l’environnement.
• Les déchets
à vie courte – qui constituent 90% de la totalité
des déchets nucléaires – sont stockés
en surface dans deux centres de stockage gérés par
l’ANDRA, dans la Manche et dans l’Aube. Leur
radioactivité globale diminue de moitié tous les 30
ans. Elle aura disparu au bout de 300 ans. Ces déchets deviennent
donc assez rapidement inoffensifs (ce qui est, il faut le souligner,
un avantage par rapport aux déchets chimiques toxiques comme,
par exemple, le mercure, l’arsenic, le cadmium …. Qui,
eux, n’évoluent pas et restent toujours dangereux.
Quant aux déchets de très faible activité,
issus principalement du démantèlement des installations
nucléaires, un centre de stockage particulier leur est dédié
dans l’Aube. Ce centre est opérationnel depuis l’été
2003.
• Si l’on prend
le cas des déchets les plus virulents, ceux de haute activité
à vie longue (déchets C), il faut d’abord préciser
que leur volume est très faible. Tous les déchets
de ce type produits en France depuis le début du programme
nucléaire, il y a près de 40 ans, représentent
un volume à peu près équivalent à celui
d’une grande piscine municipale. Leur stockage nécessitera
bien entendu un volume beaucoup plus vaste compte tenu de l’architecture
prévue (alvéoles et galeries) Cette faible quantité
ne minimise pas, bien entendu, le danger potentiel intrinsèque
des déchets C mais facilite leur manipulation et leur confinement.
• Contrairement à
ce que l’on dit, on sait « quoi faire » de ces
déchets. Mais il n’y a pas urgence à les stocker.
C’est pourquoi une loi votée en 1991 prévoit
que c’est en 2006 que les pouvoirs publics devront prendre
une décision quant aux modalités concrètes
de leur stockage. (L’Union Européenne suggère
l’année 2008 pour prendre une telle décision).
Aucune décision politique n’est donc encore intervenue
en France concernant le stockage de ces déchets. Mais
cela ne veut pas dire que l’on se trouve devant une impasse
technique, comme certains voudraient le faire croire. En
fait, les solutions techniques sont disponibles et elles
pourront être mises en oeuvre dès lors que les pouvoirs
publics se seront prononcés.
En attendant, ces déchets sont, à l’heure actuelle,
vitrifiés, enfermés dans des conteneurs en acier et
entreposés dans des puits bétonnés, sur le
site de l’usine de retraitement. Cette solution est mise en
œuvre depuis 20 ans sans qu’il en résulte une
quelconque nuisance. La prolonger pendant des années encore
ne pose guère de problème.
• La solution technique
prévue pour les déchets « C » est le stockage
souterrain. Sans évoquer la question de la transmutation
des déchets à vie longue (qui fait actuellement l’objet
de recherches), ni celle de la réversibilité, donnons
quelques éclairages sur cette méthode :
- Les déchets pourront être stockés en profondeur,
dans des couches géologiques stables depuis des millions
d’années et imperméables. Il ne s’agit
évidemment pas d’une « décharge »
ou d’un « tas d’ordure ». Les déchets
sont confinés dans un système rigide et résistant
comportant plusieurs barrières superposées.
- Une remarque, tout d’abord. Contrairement à
une idée répandue dans le public, les rayonnements
émis par ces déchets ne peuvent en aucun cas franchir
ces barrières et irradier ainsi directement les individus
se trouvant à la surface. C’est physiquement
impossible. Les rayonnements sont arrêtés par les barrières.
Ils restent confinés en profondeur.
- Les déchets eux-mêmes sont isolés à
l’intérieur de plusieurs barrières. Dans le
cas d’un cycle du combustible avec retraitement (cas de la
France), le schéma est le suivant :
Les déchets sont vitrifiés ; les blocs de «
verre » sont enfermés dans des conteneurs en acier
(1ère barrière) eux-mêmes disposés dans
des alvéoles constitués de matériaux sélectionnés
pour leur résistance et leur étanchéité
(2ème barrière). Ce dépôt de stockage
est lui-même placé à plusieurs centaines de
mètres de profondeur, dans une couche géologique stable
d’argile ou de granit (3ème barrière).
- Gérés dans ces conditions, les déchets sont
isolés de la biosphère et ne provoquent aucune nuisance
, ni en cas d’intrusion ni en cas de forage intempestifs (car
la profondeur du dépôt et les barrières aménagées
empêchent toute dispersion significative des déchets).
- Alors, quel est le risque maximum encouru ?
Parmi tous les scénarios étudiés par les ingénieurs,
le plus pénalisant serait que des conteneurs se corrodent
(c’est éventuellement envisageable, mais au bout de
milliers d’années) et que de l’eau vienne au
contact des blocs de verre contenant les radioéléments
(c’est très improbable et cela ne pourrait être,
dans les couches géologiques imperméables, que de
faibles quantités d’eau).
Pour que cette eau, chargée en radioéléments,
remonte vers la surface, il faudrait des centaines de milliers d’années.
Mais la radioactivité décroît avec le temps.
Cela veut dire qu’au bout de quelques milliers d’années,
les déchets reviennent à un niveau de radioactivité
équivalant à celui du minerai d’uranium que
l’on trouve dans les gisements. Et au bout de dizaines
de milliers d’années, si des eaux chargées en
radioéléments arrivent vers la surface, elles ne seront
porteuses que de quantités très réduites
d’éléments encore radioactifs. Il en
résulterait, pour les « populations les plus exposées
» (se trouvant au-dessus du centre de stockage, qui boiraient
cette eau et s’en serviraient pour arroser leurs cultures),
une exposition à la radioactivité largement inférieure
à 1/10ème de la radioactivité naturelle. (Ce
niveau de 1/10ème est le seuil d’autorisation par les
autorités de sûreté concernant l’impact
d’un stockage).
• Voilà donc ce que pourrait
être le scénario le plus pessimiste envisageable. Il
est lui-même très improbable car il cumule les hypothèses
les plus pénalisantes. Avec tous les aménagements
techniques prévus, la nuisance d’un stockage de déchets
est réduite à un minimum tout à fait acceptable,
et cela pour le très long terme. Prétendre,
comme le font certains, que ces déchets sont une menace pour
les générations futures est hors de propos. C’est
une affirmation qui ne repose sur aucune donnée technique
sérieuse et qui n’est qu’un argument polémique
destiné à discréditer auprès du public
l’image du nucléaire.
• Le choix d’un stockage
souterrain comme mode de gestion des déchets à vie
longue fait l’objet d’un consensus international. Des
projets d’installations de stockage ou de laboratoires expérimentaux
ont été réalisés ou sont en cours de
réalisation, notamment aux Etats-Unis (WIPP, Yucca Mountain),
en Suisse, en Belgique, en Suède, en Finlande…
• Lorsqu’on souligne que
le recours au nucléaire, en lieu et place des combustibles
fossiles, permet d’éviter le rejet à l’atmosphère
de gaz à effet de serre, les opposants au nucléaire
disent qu’échanger des tonnes de CO2 contre des déchets
nucléaires, c’est passer de la peste au choléra.
Cette équivalence ne tient pas. Car les déchets nucléaires
représentent un risque :
- extrêmement improbable …
- extrêmement localisé …
- et porteur d’un détriment minime (une irradiation
ne représentant qu’une faible fraction de la radioactivité
naturelle)…
… Alors que le rejet de quantités
supplémentaires de CO2, contribuant au réchauffement
climatique représente un risque :
- non pas improbable mais avéré et
qui est déjà enclenché, comme nous en avertissent
les climatologues
- non pas localisé mais à l’échelle
de la planète
- non pas minime mais porteur d’un grave détriment
puisque le réchauffement climatique tend à bouleverser
les équilibres naturels (niveau des océans, régime
des vents, désertification ou refroidissement possibles de
certaines zones géographiques, disparition d’espèces
végétales et animales, recrudescence de certaines
maladies, épidémies…).
En fait, il y a une grande différence entre rejeter dans
l’atmosphère des tonnes de CO2 qui vont contribuer
de façon certaine, et sur une durée indéfinie,
au changement climatique et garder sous contrôle des déchets
radioactifs mis hors d’état de nuire dans leur stockage.
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