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L'impact d'une installation nucléaire sur l'environnement est dû
principalement à ses rejets radioactifs, thermiques et chimiques.
Les mesures édictées par la réglementation française sont destinées
à maintenir ces rejets à des niveaux acceptables du point de vue
de la santé des personnes et de la protection de l'environnement.
Il en résulte un impact environnemental limité, d'autant plus que
les installations nucléaires ne rejettent à l'atmosphère ni gaz
à effet de serre ni produits polluants tels les dioxydes de soufre
ou d'azote ou les poussières.
Enquêtes, contrôles et bilans
L'implantation et l'exploitation d'une installation nucléaire sont
régies, en France, par une série de procédures ayant pour objet
de contrôler et de limiter ses effets sur l'environnement.
Avant d'engager la construction, une étude d'impact est établie,
décrivant les caractéristiques du milieu dans lequel l'installation
va être implantée, évaluant les effets possibles de la centrale
sur l'environnement et définissant les mesures à prendre pour les
atténuer. Une autre enquête préliminaire obligatoire établit l'état
radiologique du site avant l'entrée en service de l'installation.
Ce "point zéro" sert de référence permettant de mesurer les éventuelles
fluctuations de la radioactivité du milieu pendant la période d'exploitation.
A ces enquêtes préliminaires s'ajoutent, durant la phase d'exploitation,
toute une série de contrôles et d'études effectués en permanence
par l'exploitant, par des organismes relevant des pouvoirs publics
et par des laboratoires indépendants. Chaque année, pour chaque
installation, est élaboré un rapport regroupant les données environnementales
recueillies dans la région d'implantation : bilans radio- écologiques
portant sur le sol, l'herbe, les végétaux, le lait, les denrées
agricoles ; analyses sur l'air, la qualité des eaux, sur l'état
de la flore et de la faune aquatiques aux abords du site.
La quantité importante de données recueillies depuis plusieurs dizaines
d'années, en France, à travers les études, ne mettent pas en évidence
de nuisance significative causée à l'environnement par l'exploitation
de l'énergie nucléaire.
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Le point zéro…
…désigne l'état de référence radioécologique de l'environnement
effectué sur chaque site destiné à accueillir une installation
nucléaire.
Cette étude préalable permet une meilleure interprétation
des mesures réalisées dans l'environnement après la mise
en service de l'installation et une meilleure évaluation
de ses conséquences radiologiques éventuelles. Le "point
zéro" mesure la radioactivité dans les milieux aquatique
et terrestre et évalue la radioactivité artificielle éventuellement
présente avant la mise en service de l'installation (résultant
par exemple des retombées des essais nucléaires atmosphériques
ou de l'accident de Tchernobyl).
Les résultats du "point zéro" sont publiés et disponibles
auprès de chaque site. |
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Les rejets radioactifs
En fonctionnement normal, une centrale nucléaire
émet des rejets radioactifs liquides ou gazeux. il s'agit de rejets
effectués volontairement. Ils proviennent des circuits d'épuration
et de filtration de la centrale qui collectent une partie des éléments
radioactifs engendrés par le fonctionnement des installations. Après
avoir été triés, selon leur niveau de radioactivité et leur composition
chimique, ces éléments sont stockés, traités puis rejetés sous forme
liquide ou gazeuse.
Les quantités d'effluents que les centrales sont autorisées à rejeter
sont établies par les pouvoirs publics à des niveaux très bas écartant
tout risque d'une augmentation significative de la radioactivité
naturelle de l'environnement.
Dans la pratique, les rejets radioactifs effectués par les centrales
nucléaires d'EDF sont très inférieurs à ces normes réglementaires,
dont ils ne représentent que quelques pour-cents.
Les contrôles et mesures systématiquement effectués par l'exploitant
ainsi que par les organismes dépendant des pouvoirs publics ne mettent
pas en évidence de marquage du milieu terrestre dû aux rejets radioactifs
des centrales. Dans les milieux aquatique et marin, quelques éléments
à vie courte sont décelables à de très faibles concentrations (argent,
cobalt).
Appliqué aux populations environnantes, l'impact dosimétrique de
ces rejets liquides et gazeux conduit à une évaluation inférieure
au 1/1000è de l'exposition résultant de la radioactivité naturelle
(qui varie elle-même fortement d'une région à l'autre en fonction
de la nature des sols).
Au total, les études conduites ne permettent pas d'identifier de
conséquence dommageable pour l'environnement ou pour la santé des
populations due aux rejets radioactifs des centrales nucléaires.

Surveillance de l'environnement à la centrale de Golfech
(Photo : EDF) |

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Bilans radioécologiques
Dans chaque centrale nucléaire française, le laboratoire
"environnement" effectue quotidiennement de nombreux prélèvements
ainsi que des mesures de radioactivité à partir des données
fournies par des balises situées dans un périmètre de
1km à 5 km autour de chaque site. Toutes les centrales
élaborent chaque année un rapport regroupant l'ensemble
des bilans radioécologiques effectués dans la région d'implantation,
et concernant notamment : le sol, l'herbe, les végétaux
, le lait, certaines denrées agricoles, les cours d'eau,
les eaux souterraines et fluviales, la flore et la faune
aquatiques. |
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Rejets thermiques
L'eau qui alimente les circuits de refroidissement de la centrale
est légèrement échauffée lorsqu'elle est rejetée dans le fleuve
ou dans la mer. Cet échauffement est mesuré en permanence et les
résultats sont retransmis en salle de commande. L'augmentation de
la température du milieu aquatique ne doit pas dépasser certaines
limites, fixées par la réglementation et variant selon les périodes
de l'année. Dans le cas où ces limites risqueraient d'être dépassées
? pendant les périodes de forte chaleur ? la centrale est exploitée
à une puissance plus faible et peut même, en cas de nécessité, être
provisoirement arrêtée.
Les études menées depuis plusieurs dizaines d'années en France
montrent que les effets des rejets thermiques des centrales sur
la faune et la flore aquatiques sont négligeables. Le réchauffement
des fleuves reste faible et très localisé et les inventaires des
espèces vivant dans le milieu aquatique indiquent que l'équilibre
de l'écosystème n'est pas modifié.

Pêcheurs près de la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux
(EDF - Photo : Jean-Claude RAOUL) |
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Prélèvement
et restitution d'eau…
Les centrales implantées en bord de mer ou sur les fleuves
au débit suffisant fonctionnent en "circuit ouvert". Pour
alimenter leur circuit de refroidissement, l'eau est prélevée
à ces sources à raison de plusieurs de dizaines de m3
par seconde (selon la puissance de la centrale). L'eau
est ensuite intégralement rejetée (réchauffée de quelques
degrés) à la source d'où elle provient.
Lorsque le fleuve n'a pas un débit suffisant ou s'il y
a plusieurs centrales rapprochées le long d'un même fleuve
on fonctionne alors en circuit fermé, en utilisant des
réfrigérants atmosphériques qui refroidissent l'eau des
circuits grâce à des échanges avec l'air de l'atmosphère.
Il suffit alors de prélever dans le fleuve un faible débit
(quelques m3/seconde) qui est évaporé dans les aéroréfrigerants.
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Rejets chimiques
Pour pouvoir être utilisée dans les circuits de la centrale, l'eau
destinée au refroidissement de l'installation doit subir différents
traitements chimiques (déminéralisation, chloration). Ces traitements
donnent lieu à des rejets d'effluents tel que sodium, chlorures,
sulfates. L'augmentation minime des teneurs en sels qui en résulte
n'a guère d'influence sur la faune et la flore aquatiques, comme
le montrent les études régulièrement conduites sur l'écosystème
aquatique autour de chaque centrale (rivières, lacs, estuaires,
milieux marins). Ces études mettent en œuvre des dispositifs automatiques
qui enregistrent en continu le niveau de radioactivité, la température,
le pH, la conductivité et la teneur en oxygène dissous.
Autres impacts
Niveau sonore : les principales sources
de bruit d'une centrale nucléaire proviennent des tours de réfrigération
et des groupes turbo-alternateurs. Aux abords des sites, les niveaux
sonores sont très limités : de l'ordre de 40 décibels, comparables
au bruit du vent dans les feuilles des arbres.
Climat local : l'évaporation de l'eau
dans les tours de réfrigération engendre un panache de vapeur dont
l'ampleur dépend des conditions atmosphériques. Ce panache d'air
humide n'a pas d'effet sur le climat local. Il a pour conséquence
une faible réduction de l'ensoleillement aux abords du site, inférieure
aux fluctuations naturelles d'une année sur l'autre.
Déchets et démantèlement : outre les
impacts environnementaux précédemment décrits, le fonctionnement
d'un centrale nucléaire produit des déchets solides qui ne sont
pas rejetés dans l'environnement mais confinés et stockés. Un chapitre
leur est spécifiquement consacré sur ce site (voir rubrique "Introduction
à l'énergie nucléaire", sous-rubrique "Les déchets nucléaires"),
de même qu'au démantèlement des centrales définitivement mises hors
service (rubrique "Introduction à l'énergie nucléaire", sous-rubrique
"Le démantèlement").
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Protection
des poissons et des oiseaux…
Pour que les prises d'eau et autres aménagements hydrauliques
réalisés pour les centrales nucléaires ne perturbent pas
la faune aquatique, des passes à poissons sont construites
pour faciliter leur transit. Pour protéger les oiseaux,
plusieurs types de dispositifs sont mis en place : des
leurres qui les éloignent des lignes électriques à haute
tension ; des barrettes de protection ou perchoirs sur
lesquels ils peuvent se poser sans risque. |
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Une énergie qui ne pollue pas l'atmosphère
Evaluer l'impact environnemental d'une source d'énergie, ce n'est
pas seulement mesurer les nuisances qu'elle provoque. C'est aussi
mesurer les nuisances qu'elle permet d'éviter par rapport aux autres
sources d'énergie assurant une production équivalente. De ce point
de vue, il convient de mentionner la caractéristique écologique
majeure des centrales nucléaires : elles ne provoquent aucune pollution
de l'atmosphère car elles ne rejettent ni gaz à effet de serre (tel
le gaz carbonique : CO2) ni autres produits polluants (tels le dioxyde
de soufre et l'oxyde d'azote) contrairement aux centrales électriques
brûlant des combustibles fossiles, charbon, gaz, pétrole.

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C'est ainsi, par exemple, que le
remplacement d'une centrale à charbon de type classique de 1000
mégawatts électriques par une centrale nucléaire de puissance
équivalente permet d'éviter le rejet à l'atmosphère d'environ
7 millions de tonnes de gaz carbonique CO2 et de 30 000 tonnes
de soufre par an.
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Si l'on prend en compte l'ensemble
du parc de centrales nucléaires en France, les rejets évités
en un an sont de l'ordre de 400 millions de tonnes de CO2, 2
millions de tonnes de dioxyde de soufre, 1 million de tonnes
d'oxyde d'azote et 80 000 tonnes de poussières.
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Concrètement entre les années 1970
et 1990, la mise en service des centrales nucléaires et la diminution
concomitante du recours aux énergies fossiles ont entraîné une
réduction de la pollution atmosphérique en France : au niveau
du parc électrique, les émissions de dioxyde de soufre et d'oxyde
d'azote ont été réduites de 70% ; les émissions de CO2 ont été
réduites de 40%, alors que la production d'électricité a plus
que triplé dans la même période.
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Comparaisons internationales : les quelques données statistiques
suivantes permettent de prendre la mesure de la situation
française par rapport à l'international :
- La production d'électricité est responsable d'environ 40
% des émissions de CO2 dues aux activités humaines au niveau
mondial ; cette proportion est de 10% en France.
- Pour chaque kilowattheure produit, l'émission de CO2 est
de 426 grammes en moyenne dans l'Union Européenne contre 67
grammes en France. Cette situation est due non seulement au
nucléaire mais aussi au recours à l'hydroélectricité, qui
interviennent respectivement pour 78% et 15% dans la production
nationale d'électricité. En France, pour chaque kilowattheure
produit, les émissions de CO2 sont 7 fois moins élevées qu'en
Allemagne ou au Royaume-Uni, 11 fois moins qu'au Danemark.
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Au total, les effets conjugués du nucléaire, de l'hydraulique et
de l'utilisation rationnelle de l'énergie permettent désormais à
la France de se situer aux tout premiers rangs des pays industrialisés
où l'atmosphère est le moins polluée par la production d'électricité.
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Contre l'effet
de serre et les pluies acides
Les pluies acides ainsi que l'effet de serre sont des
menaces pour l'environnement. Certains produits polluants,
rejetés notamment par les centrales électriques brûlant
des combustibles fossiles contribuent à ces phénomènes
(même si des programmes ont été lancés pour réduire le
volume et la nocivité des effluents relâchés). Dans la
mesure où elles n'émettent pas ces rejets polluants, tout
en fournissant des quantités massives d'électricité, les
énergies hydraulique et nucléaire peuvent apporter une
contribution réelle à la préservation de l'atmosphère.
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Nucléaire et réduction des gaz
à effet des serre :
hypothèses statistiques
Dans l'hypothèse où le parc électrique des pays de l'OCDE
aurait une structure identique à celle du parc français
actuel, soit 78% d'électricité d'origine nucléaire,
les résultats suivants pourraient être constatés :
- Une diminution d'environ 87% des émissions de CO2
liées à la production d'électricité dans l'OCDE ;
- Une diminution d'environ 32% des émissions de CO2,
tous secteurs confondus, dans l'OCDE ;
- Une diminution d'environ 17% des émissions de CO2
liées à la production d'électricité dans le monde entier.
- En admettant qu'une telle situation ait prévalu au
lendemain des accords de la Conférence de Kyoto (signés
en décembre 1997), les objectifs de réduction mondiale
des émissions de CO2 fixés par cette Conférence pour
l'horizon 2012 auraient été largement atteints et dépassés.
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