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L'Uranium, à l'état naturel ou légèrement enrichi
dans son isotope 235, est le combustible des centrales nucléaires.
Le plutonium, qui résulte de la fission et des transformations de
l'uranium, peut être également défini comme un combustible nucléaire.
Mais il est beaucoup moins utilisé, à l'heure actuelle, que l'uranium.
Métal gris et dur, l'uranium est relativement répandu dans l'écorce
terrestre. On le rencontre sous différentes formes minéralogiques,
aussi bien dans les terrains granitiques que sédimentaires.
Le cycle du combustible nucléaire désigne l'ensemble des opérations
nécessaires pour approvisionner en combustible les réacteurs nucléaires
puis pour stocker, retraiter et recycler ce combustible. La France
dispose sur son territoire de toutes les installations nécessaires
à ces différentes opérations. Ces installations sont, pour la quasi
-totalité, exploitées par la Compagnie Générale des Matières Nucléaires
(COGEMA) soit directement, soit par l'intermédiaire des filiales.
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L'exploitation minière
A ciel ouvert ou dans les mines souterraines, l'exploitation des
gisements d'uranium s'effectue selon les méthodes classiques utilisées
dans les installations minières. La présence de radioactivité nécessite
cependant des mesures de protection visant à diminuer l'irradiation
et à réduire les concentrations de poussières et de radon (gaz radioactif)
: notamment systèmes d'arrosage et ventilation permanente.
Après avoir exploité plusieurs gisements (Forez, Vendée, Limousin,
Hérault) la France assure aujourd'hui par des importations l'essentiel
de son approvisionnement en uranium. Cogema possède des parts et
est parfois l'opérateur de certaines mines d'uranium à l'étranger
(Canada, Gabon, Niger).
La concentration du minerai
La teneur en uranium des minerais est en général assez faible :
de l'ordre de 1 à 5 kg par tonne. C'est pourquoi le minerai est
concentré dans des installations implantées à proximité immédiate
des mines. Après une série d'opérations physiques et chimiques on
obtient un concentré ayant l'aspect d'une poudre jaune appelée "yellow
cake" dont la teneur en uranium est d'environ 75%.

Le raffinage et la conversion
Le "yellow cake" n'a pas un degré de pureté nucléaire suffisant ni
la forme chimique appropriée pour pouvoir être utilisé tel quel comme
combustible dans le réacteur. Il est donc l'objet d'un traitement
supplémentaire afin d'obtenir un composé chimique adapté.
L'Enrichissement de l'uranium
Dans l'uranium naturel, on trouve, en proportion constante, deux sortes
d'atomes (ou isotopes) : L'uranium 238 et l'uranium 235 qui constituent
respectivement 99,3% et 0,7% du mélange. Seul l'uranium 235 est fissile.
Certains types de réacteurs nucléaires (les plus répandus dans le
monde) sont conçus pour fonctionner avec un combustible comportant
une proportion d'uranium 235 supérieure à celle qui est présent à
l'état naturel. Il convient donc d'augmenter jusqu'à 3% à 4% la teneur
en isotope 235 de l'uranium naturel.
Divers procédés sont utilisés pour effectuer cette opération appelée
"enrichissement".


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LES TECHNIQUES
D'ENRICHISSEMENT |
Pour enrichir l'uranium : deux techniques
principales
La diffusion gazeuse
Le principe consiste à envoyer de l'hexafluorure
d'uranium (YF6), à l'état gazeux, à travers de fines membranes
percées de milliards de pores. La molécule d'uranium 235, plus
légère et plus rapide, franchit plus souvent la barrière que
la molécule d'uranium 238.Répétée des milliers de fois, à travers
une succession de récipients cylindriques formant la "cascade
de diffusion", l'opération permet d'obtenir de l'hexafluorure
d'uranium " riche "d'uranium 235 dans la proportion souhaitée.
L'ultracentrifugation
Procédé d'enrichissement utilisé à moins
grande échelle qui consiste à utiliser la force centrifuge pour
séparer, compte tenu de leur masse différente, les isotopes
238 et 235 de l'uranium.
Par ailleurs, des recherches ont été engagées, principalement
aux Etats-Unis, en France et au Japon sur un procédé d'enrichissement
par laser.
L'usine Georges-Besse d'Eurodif, sur le site de Tricastin, est
une des plus grandes usines d'enrichissement actuellement en
fonctionnement dans le monde. Exploitée par Cogema, elle utilise
le procédé de diffusion gazeuse mis au point par le Commissariat
à l'Energie Atomique. Elle est capable d'alimenter annuellement
une centaine de réacteurs nucléaires et fournit environ le tiers
de la production mondiale d'uranium enrichi.
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La fabrication des combustibles
L'hexafluorure d'uranium en provenance de l'usine d'enrichissement
est transformé en oxyde d'uranium, conditionné en petites pastilles
cylindriques. Celles-ci sont empilées dans de longs tubes métalliques
appelés crayons. Ces crayons sont à leur tour réunis et maintenus
à l'aide de grilles pour former des assemblages. A titre d'exemple,
le cœur d'un réacteur à eau sous pression de 900 Mwe comporte : 157
assemblages, réunissant chacun 264 crayons, soit plus de 11 millions
de pastilles (une pastille est équivalente à 2,5 tonnes de charbon).
Pour les filières des réacteurs à eau ordinaire, un autre type de
combustibles est également fabriqué en France, à échelle industrielle,
depuis plusieurs années. Appelés "MOX" (mélange oxyde) ils sont formés
d'un mélange d'uranium appauvri et de poltunium. Ils sont fabriqués
dans l'usine MELOX, à Marcoule.
Dans le réacteur
Durant son séjour de trois à quatre ans dans le cœur du réacteur,
le combustible subit des transformations qui vont le rendre moins
performant : diminution de teneur en matière fissile, formation de
plutonium, apparition de déchets sous forme de produits de fission.
Cependant une fois retiré du réacteur, le combustible contient encore
une de grandes quantités de matières énergétiques récupérables (environ
97 %, sous forme d'uranium et de plutonium) et 3% de déchets. Provisoirement
stocké en piscine en vue de sa désactivation, le combustible usé est
ensuite transporté jusqu'à l'usine de retraitement dans un emballage
étanche appelé "château".
Le retraitement/recyclage
Le retraitement consiste à séparer, dans le combustible usé, les matières
énergétiques réutilisables (uranium et plutonium) des produits de
fission sans utilité. Après une série d'opérations mécaniques et chimiques
(cisaillage, dissolution à l'acide, séparation par solvants) on récupère
l'uranium et le plutonium qui seront recyclés principalement pour
entrer dans la fabrication de nouveaux éléments combustibles. Quant
aux produits de fission, mis en solution, ils sont stockés en cuve
durant quelques années avant d'être vitrifiés par incorporation à
des matrices de verre et coulés dans les conteneurs étanches en acier
inoxydable. Ces conteneurs sont entreposés de façon provisoire à la
Hague dans des puits souterrains refroidis par ventilation, dans l'attente
d'un stockage définitif.
Avec une capacité de 1600 tonnes annuelles, l'usine Gogema de la Hague
est la plus grande installation de retraitement du monde. EDF et de
nombreuses compagnies d'électricité étrangères y font retraiter leurs
combustibles usés (récupérant ensuite uranium, plutonium et déchets
séparés).
Il faut rappeler que certains pays ne procèdent pas au retraitement
de leurs combustibles nucléaires usés. Ils les entreposent dans des
piscines attenantes aux réacteurs en attendant de définir les modalités
d'un stockage définitif.
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