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Le panache blanc
des centrales nucléaires…
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| … est constitué par l'évaporation
de l'eau utilisée pour refroidir la centrale. Ce n'est
pas de la "fumée" résultant d'une combustion mais de l'air
humide. |
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Le pilotage d'une tranche nucléaire
Une "tranche" nucléaire est l'ensemble constitué du réacteur et
du système de production d'électricité qui lui est associé : la
turbine et l'alternateur. Dans presque tous les cas, une centrale
comporte plusieurs tranches. Toutes les fonctions importantes d'une
tranche nucléaire sont commandées et surveillées depuis la salle
de commande. Les opérateurs, ou "pilotes", veillent au bon fonctionnement
de l'installation et ajustent la puissance du réacteur à la demande
du réseau électrique.

Salle de commande de la centrale de Chooz
(EDF - Photo : G. LARVOR) |
La marche d'un réacteur nucléaire peut être contrôlée avec précision.
Pour le faire démarrer, pour l'arrêter, pour le faire fonctionner
à différents niveaux de puissance, on agit sur l'intensité de la
réaction en chaîne au moyen de barres de contrôle constituées de
matériaux qui ont la faculté d'absorber les neutrons. La descente
de ces barres dans le cœur du réacteur provoque l'absorption des
neutrons et donc le ralentissement de la réaction en chaîne.
On peut ainsi faire varier la puissance du réacteur en enfonçant
plus ou moins profondément les barres de contrôle au milieu des
assemblages combustibles contenant l'uranium. En cas de situations
anormales, des barres de sécurité chutent automatiquement dans le
cœur, stoppant instantanément le réacteur.
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Des simulateurs
pour entraîner les pilotes
Les opérateurs - ou "pilotes" - des centrales nucléaires,
en plus de la formation spécifique les préparant au métier,
suivent régulièrement des stages sur simulateurs. Ces
appareils sont des répliques des salles de commande. Ils
sont capables de reproduire tous les types de situation
possibles, y compris les incidents et les accidents, pouvant
survenir sur une tranche nucléaire. Les opérateurs sont
ainsi entraînés à réagir à touts ces situations, à les
identifier, à les analyser, à mettre en œuvre, dans chaque
cas, les actions appropriées prévues par les procédures
de sûreté. |
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La salle de commande
C'est le "cerveau" d'une tranche nucléaire. C'est dans la salle
de commande que sont centralisées les principales données relatives
au fonctionnement de la tranche. C'est de là que partent les "ordres"
transmis par les opérateurs aux différents composants et systèmes.
Ce "pilotage" télécommandé fait largement appel à l'automatisation
et à l'informatique. Il s'agit là d'aides indispensables pour les
opérateurs. Mais ce sont eux qui restent les responsables à part
entière du pilotage de la tranche et qui prennent les décisions
prévues par les procédures.
L'équipe d'exploitation
L'exploitation d'une centrale nucléaire met en œuvre des technologies
avancées et demande un personnel spécialement formé et entraîné.
L'équipe d'exploitation compte plusieurs centaines de personnes,
parfois plus de mille selon le nombre de tranches que comporte la
centrale. Les agents se relaient 24 heures sur 24 pour assurer la
conduite et la surveillance des installations. Il se répartissent
en plusieurs catégories de métiers assurant les différentes missions
de l'exploitation :
- Les agents de conduite pilotent
les tranches de la centrale, se relayant jour et nuit par quarts
de huit heures ;
- Les agents de sûreté et de radioprotection
veillent à la sûreté de fonctionnement des équipements et à la sécurité
radiologique du personnel ;
- Les agents de sécurité assurent
la protection du site ;
- Les agents de maintenance surveillent
et entretiennent les différents composants et matériels de la tranche
;
- Les agents de la chimie et de l'environnement
analysent les fluides et gaz utilisés ou rejetés par la centrale
et effectuent les contrôles de l'environnement sur le site et dans
le voisinage de l'installation ;
- Les agents de la gestion et de l'administration
gèrent le budget et assurent les tâches administratives, commerciales,
de relations extérieures, de communication… liées au fonctionnement
de la centrale.
La maintenance
Une centrale nucléaire rassemble et relie entre eux, selon une
organisation complexe, des milliers de composants : réservoirs,
tuyauteries, vannes, pompes, filtres, câbles électriques, instruments
de mesure, circuits informatiques, etc. Cet ensemble doit impérativement
être maintenu en état de bon fonctionnement. C'est la condition
pour garantir la sécurité du personnel, la sûreté et la performance
de l'installation. Dans les centrales françaises, cette maintenance
est organisée à trois niveaux complémentaires :

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Maintenance
quotidienne : les agents de maintenance surveillent de
façon continue l'état des équipements et effectuent les ajustements
ou réparations nécessaires. |
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Inspection par robot MIS de la cuve du réacteur
de la tranche 1 de la centrale de Nogent sur Seine
(EDF - Photo : Stephan ZAUBITZER)
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Maintenance
annuelle programmée : tous les ans, chacune des tranches
de la centrale est arrêtée durant 5 à 6 semaines pour un rechargement
en combustible et pour des opérations d'entretien de grande
ampleur. A cette occasion, des techniciens et ouvriers venus
d'entreprises extérieures apportent leur concours aux agents
d'EDF pour ce travail de révision.
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Visite décennale
: tous les dix ans, une inspection complète et détaillée de
la tranche est effectuée. Les principaux composants : cuve,
circuit primaire, générateurs de vapeur, pressuriseurs, enceinte
de confinement… font l'objet d'examens et tests approfondis.
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Les principaux composants d'une tranche nucléaire
(Les dimensions des différents composants, données ici à titre
d'exemple, se rapportent à la centrale nucléaire de Civaux, dans
la Vienne, équipée de deux réacteurs de 1450 mégawatts électriques
de puissance).
Bâtiment réacteur : constitué d'une
double enceinte en béton, hauteur 60 m, diamètre 50 m, abrite la
cuve du réacteur et les principaux composants nucléaires de la tranche.

Bâtiment réacteur de la centrale de Flamanville
(EDF - Photo : Pierre BERENGER)
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Cuve du réacteur : hauteur 13,66 m,
diamètre 4,95 m, épaisseur 23 cm, en acier spécialement traité ;
elle abrite le cœur du réacteur formé par les assemblages combustibles
contenant l'uranium.

Cuve de réacteur
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Pressuriseur : maintient la pression
à environ 155 bar, ce qui empêche l'eau du circuit primaire de bouillir.
Générateur de vapeur : reçoit l'eau
chaude du circuit primaire (dans des tubes en forme de U), ce qui
permet de chauffer l'eau du circuit secondaire et de la transformer
en vapeur. On compte dans la plupart des cas trois générateurs de
vapeur par tranche.

Générateur de vapeur 900 MW à l'usine Framatome ANP
de Chalon-Saint-Marcel
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Le groupe turbo-alternateur : composé
des différents corps de turbine et de l'alternateur, il est mis
en mouvement par la pression de la vapeur et produit le courant
électrique. Il est situé dans la salle des machines, un hall de
106 m de longueur et 47 m de hauteur.

Les groupes turbo-alternateurs de la centrale de Gravelines
(tranches 1 à 4)
(Photo : EDF)
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Le poste électrique : reçoit l'électricité
produite par les tranches de la centrale et l'évacue vers le réseau
à très haute tension.
Le réfrigérant atmosphérique (également appelé
tour de refroidissement ou aéroréfrigérant) : c'est, pour
chaque tranche, le point d'aboutissement du circuit de refroidissement
dans lequel l'eau réchauffée sortant du condenseur est refroidie
par un courant d'air frais ascendant. Hauteur : 178 m ; diamètre
à la base : 155 m. Une partie de l'eau s'évapore dans l'atmosphère
; l'autre partie retourne, refroidie, vers le condenseur. (Certaines
centrales nucléaires ne possèdent pas de réfrigérant atmosphérique.
Elles sont refroidies uniquement par l'eau venant de la rivière
ou de la mer).

Réfrigérants atmosphériques de la tranche 2 de la centrale
de Civaux (EDF - Photo : Claude PAUQUET)
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Les différentes filières de centrales nucléaires
Il existe différents modèles - ou "filières" - de centrales nucléaires,
se caractérisant par trois principaux éléments et leur association
:
- le combustible : uranium naturel, uranium enrichi, plutonium ;
- le modérateur (substance utilisée pour favoriser le développement
de la réaction en chaîne) : eau ordinaire, eau lourde, graphite
;
- la caloporteur (fluide d'extraction de la chaleur produite par
le combustible nucléaire) : eau ordinaire sous pression ou bouillante,
eau lourde, gaz carbonique, sodium, hélium.
Les centrales nucléaires françaises appartiennent à la filière
à eau sous pression. Combustible : uranium légèrement enrichi ;
modérateur et caloporteur : eau ordinaire sous pression. Cette filière
REP (Réacteur à Eau sous Pression) est la plus répandue dans le
monde. Les centrales françaises sont réalisées par séries standardisées
correspondant à différents paliers de puissance électrique des réacteurs
: 900, 1300, 1450 mégawatts.
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