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• Dans un contexte de forte demande énergétique,
où toutes les sources d’énergie seront
nécessaires pour satisfaire les besoins en énergie
primaire à l’échelle mondiale, le
Forum Generation IV a certainement été le cercle de
réflexion international le plus actif pour définir
le cahier des charges du nucléaire après 2030, et
pour sélectionner les technologies les mieux à même
de satisfaire ce cahier des charges.
• Les critères de la sélection des
réacteurs nucléaires ne sont plus les mêmes
que ceux qui ont prévalu lors de leur grand déploiement
dans les années 70. Les enjeux du nucléaire de 4e
génération sont essentiels pour permettre un développement
énergétique durable à l’échelle
de la planète :
- Un nucléaire qui s’inscrit dans une durée
séculaire, avec des cycles du combustible utilisant au mieux
les ressources fissiles, et produisant un minimum de déchets,
- Un nucléaire acceptable, avec des réacteurs encore
plus sûrs,
- Un nucléaire dont le champ des applications s’élargit
au-delà de la production d’électricité,
et notamment à la production d’hydrogène.
C’est un nucléaire (neutrons rapides, haute température,
recyclage de tout le combustible) qui est en rupture avec les réacteurs
à eau de 2e et de 3e génération. C’est
à la fois une formidable opportunité pour des organismes
de recherche comme le CEA (le CNRS…) et une exigence de coopérer
au plan international pour partager l’effort de R&D pour
réaliser les ruptures technologiques nécessaires.
• En conclusion d’une analyse stratégique réalisée
fin 2000, qui prend en compte l’expérience acquise
en France et en Europe sur les filières (neutrons rapides,
réacteurs à haute température), ainsi que les
objectifs stratégiques des partenaires industriels, la
participation française au Forum Generation IV se situera
principalement dans trois domaines :
- Le développement d’une gamme technologique
gaz avec le VHTR et le GFR,
- le soutien au développement d’une nouvelle génération
de systèmes à neutrons rapides refroidis au
sodium,
- le développement de nouveaux procédés
pour le cycle du combustible permettant le recyclage de
tous les actinides avec une résistance suffisante aux risques
de prolifération.
Participation en réseau à une activité d’évaluation
de filières plus prospectives : systèmes refroidis
à l’eau supercritique (SCWR) et réacteurs à
sels fondus (MSR).
• Ces décisions structurent l’effort
de recherche français sur les réacteurs nucléaires
du futur. Les grands enjeux à l’international pour
les prochaines années seront :
- D’être des partenaires majeurs du consortium qui développera
le VHTR dans le cadre du Forum, et le Next Generation Nuclear plant
qui devrait en être un premier démonstrateur vers 2015,
- De lever les verrous technologiques du GFR en coopération
avec nos partenaires européens, américains et japonais,
et de faire du REDT un projet international,
- De valoriser l’expertise acquise sur les réacteurs
rapides au sodium à travers le développement avec
le Japon d’une nouvelle génération de SFR,
- De valoriser également l’expérience acquise
sur les combustibles pour la transmutation et les procédés
du cycle, pour gérer globalement les actinides dans les systèmes
Generation IV.
• Ces enjeux sous-tendent un apprentissage de la
coopération internationale, non pas simplement pour
échanger des connaissances, mais pour développer en
commun des produits industriels appelés à être
commercialisés.
Ceci suppose :
- De partager la R&D avec des partenaires étrangers,
- De rechercher un effort de démultiplication de son propre
effort de R&D par des synergies et des possibilités de
co-financement de grandes installations de recherche ou réacteurs
prototypes,
- D’encadrer la coopération par des accords garantissant
un traitement équitable de la propriété intellectuelle,
et un juste retour des bénéfices commerciaux en fonction
des apports.
Les réacteurs de 4ème génération
ne seront pas disponibles demain : ils posent d’importants
défis, notamment dans le domaine des matériaux (à
la frontière des hautes fluences et des hautes températures,
en particulier pour le combustible). Les questions de sûreté
devront également être examinées en grand détail.
Relever ces défis demande une importante recherche, qui ne
débouchera pas sur des réacteurs industriels avant
2030.
• A plus court terme, les grands enjeux pour l’année
2004 seront :
- De se répartir la R&D Generation IV entre pays intéressés
par les mêmes systèmes, et
- De signer de premiers accords pour enclencher concrètement
la phase de coopération du Forum Generation IV.
• Un autre enjeu important est de stimuler doublement
les enseignements des sciences et technique nucléaires
:
- Par une ouverture internationale indispensable (il existe déjà
un cours de Génie Atomique européen),
- Par l’apport de disciplines essentielles pour les ruptures
technologiques nécessaires et qui ne sont pas des disciplines
traditionnelles du domaine nucléaire :
. La science des matériaux sous irradiation
et à haute température,
. La chimie des procédés pour une
gestion groupée des actinides,
. Les procédés pour la production
nucléaire d’hydrogène.
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