CONTRIBUTION DES EXPERTISES SUR MATÉRIAUX À LA RÉSOLUTION DES PROBLÈMES RENCONTRÉS DANS LES RÉACTEURS À EAU PRESSURISÉE
    Compte rendu du colloque international organisé par la Section technique n°2 "Sciences et Technologies des matériaux, contrôles non-destructifs" du 23 au 27 Septembre 2002 à l'Abbaye Royale de Fontevraud (voir site "Fontevraud")
 
Corrosion primaire
Cuves VVER
Internes de cuves

Turbine - Alternateurs
Tuyauteries



SYNTHÈSE
par Yves MEYZAUD, Président du Comité d'Organisation

 
  Tout comme les manifestations précédentes, le colloque Fontevraud V a été un succès, par la forte participation enregistrée ainsi que par la qualité des contributions orales et des posters.

Plus de 300 personnes ont participé au colloque dont une forte proportion d'étrangers (environ 40 %) avec des délégations importantes venant des USA, de la Russie, d'Allemagne, de Belgique et de Suède en particulier. Les exploitants (dont EDF bien sûr), constructeurs, Autorités de Sûreté et les laboratoires associés ont fourni l'essentiel des participants.

Les communications étaient du meilleur niveau technique et certaines particulièrement bien présentées. 77 présentations orales et 25 posters étaient répartis en 9 sessions techniques couvrant toute la problématique des REP, du combustible jusqu'à l'alternateur. L'organisation des sessions a parfaitement respecté "l'esprit Fontevraud" : partir des expertises approfondies de composants retirés du service et des résultats des contrôles non-destructifs pour comprendre les causes des défaillances des composants, permettre l'anticipation des problèmes avérés ou potentiels de sûreté ou de durée de vie de composants et donc la préparation de parades appropriées. Dans cette démarche, les échanges internationaux présentent un intérêt primordial.

Le colloque comportait une conférence d'ouverture sur la recherche française en matière de gestion des déchets nucléaires. Elle a été assurée par Monsieur Bernard TISSOT, Président de la Commission Nationale d'Evaluation de la loi du 30 décembre 1991. Cette conférence, en marge des thèmes du colloque, a permis aux participants de bénéficier des dernières informations sur un sujet de première importance pour l'acceptation par le public de l'Energie Nucléaire.

La Session "Corrosion Primaire" a été l'occasion de faire le point des inspections et des expertises sur les composants fissurés en alliage 600 et 182 en particulier aux USA. La nouvelle démarche de qualification des méthodes d'inspection en cours de mise en place aux États-Unis a fait l'objet d'une présentation très brillante de l'EPRI.

La session "Cuve" a permis d'appréhender la diversité des approches sur la sûreté des cuves et l'exploitation des programmes de surveillance dans les principaux pays disposant d'un parc nucléaire, la France restant à l'avant-garde pour la qualité de ses dossiers.

La session "Internes de cuve" a vu plusieurs présentations d'expertises approfondies de vis d'internes fissurées en service et un panorama de la recherche internationale dans le domaine de l'irradiation des matériaux d'internes. C'est dans cette session que l'on trouve le prix du meilleur Poster de Fontevraud V, choisi par le Comité d'organisation pour les qualités scientifiques et techniques de l'étude présentée. Ce prix a été attribué à la communication de Lionel FOURNIER et coll. relative à l'amélioration de la résistance à la corrosion sous contrainte induite par l'irradiation (IASCC) des aciers inoxydables austénitiques par des additions d'atomes solutés de grande taille.

La session "Combustible et Grappes de Contrôle" a été l'occasion de présenter la résistance à l'oxydation et à l'hydruration des nouveaux alliages pour gainages et les performances des matériaux absorbants.

La session "Circuits Secondaires, Condenseurs" a été marquée par un bilan très complet du comportement en service des condenseurs des tranches françaises, sans oublier celui de certains équipements annexes.

La session "Turbines, Alternateurs" a permis de faire un point détaillé sur les fissurations par fatigue des arbres et des ailettes de turbine.

Une session spéciale était consacrée aux cuves des réacteurs VVER. Les données disponibles et la présentation de la démarche de surveillance ont permis des comparaisons utiles avec les pratiques occidentales.

La session "Tuyauteries" a surtout été marquée par les problèmes de fatigue et de vieillissement thermique.

Enfin, la session "Générateurs de Vapeur" a permis de faire le point des connaissances et de l'expérience d'exploitation sur la corrosion secondaire des tubes de GV.

Ce 5ème colloque de Fontevraud s'est donc révélé comme un excellent cru, tout d'abord de par la qualité des contributions orales et posters, que l'on peut retrouver dans les actes doublés d'un CD-ROM. Ensuite, comme pour les éditions précédentes, le cadre exceptionnel de l'Abbaye de Fontevraud a permis des échanges riches autour des présentations, pendant les pauses, au cours desquelles de petits groupes se sont constitués dans la salle du Grand Dortoir ou dans le cloître, ainsi que pendant les repas pris en commun.

L'objectif initial du colloque, de permettre les échanges entre experts, ainsi que de donner à tous les participants une vision complète des mécanismes de dégradation des composants et des remèdes mis en œuvre dans les différents pays a été atteint. Ceci devrait contribuer dans le futur à améliorer la sûreté d'exploitation des tranches et leur durée de vie.

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LA CORROSION PRIMAIRE
par François CATTANT, EDF

 
Une fois encore, et ceci depuis cinq Fontevraud consécutifs, les alliages à base nickel auront été sur le devant de la scène. En effet, le thème corrosion en milieu primaire de Fontevraud V aura incontestablement été marqué par deux choses. La première est la recrudescence de la fissuration des traversées de couvercle de cuve due aux nombreux cas découverts aux USA entre 2000 et 2002 ; celle-ci a conduit les exploitants américains à se lancer plutôt précipitamment dans des opérations de contrôle longues et coûteuses à l'instar de ce qu'a connu le parc de réacteurs français quelques dix ans auparavant. La seconde est le réveil, plus ou moins attendu, de la corrosion de l'alliage 182/82 dont le récent nombre de cas de fissuration, certes encore relativement restreint, est cependant suffisamment inquiétant pour que la communauté internationale redouble de vigilance s'agissant de la surveillance du comportement en service de cet alliage, et adapte en conséquence ses méthodes de contrôle comme présenté dans un papier de synthèse de l'EPRI.

La découverte relativement soudaine de l'étendue de la fissuration des traversées de certains couvercles de cuve aux USA a conduit l'Electric Power Research Institute (EPRI), gérant du problème matériaux pour les Exploitants, à se lancer dans une recherche effrénée de résultats de vitesse de propagation de la Primary Water Stress Corrosion Cracking (PWSCC) sur les alliages 600, 182 et 82, dans le but de justifier le maintien en service sans réparation de certaines traversées. Cette recherche a abouti à la proposition par l'EPRI de courbes de vitesse de fissuration en fonction du facteur d'intensité de contrainte, notablement différentes de celles proposées par EDF comme cela peut transparaître au travers de deux présentations l'une par l'EPRI, l'autre par EDF.

Cependant, les nouveaux incidents en service sur les bases nickel, rapportés au travers d'une présentation générale de l'EPRI, d'un papier présenté par Westinghouse concernant la centrale de V.C. Summer et d'un papier de l'exploitant s'agissant de la fissuration des traversées du couvercle de la cuve de la centrale d'Oconee, ne doivent pas masquer le fait que Fontevraud V aura aussi été consacré au comportement des aciers inoxydables vis-à-vis de la PWSCC. En effet, si la PWSCC des aciers inoxydables austénitiques en milieu primaire est moins "médiatisée" que celle de l'alliage 600, il faut bien avoir à l'esprit que l'éventail d'emploi des aciers inoxydables austénitiques est beaucoup plus étendu que celui des alliages 600/182/82. Ceci signifie que toute fissuration de PWSCC générique de ce type d'acier aurait des conséquences dramatiques pour l'industrie nucléaire. Fort de ces considérations, on note un regain d'activité de la communauté scientifique internationale sur le comportement à la PWSCC des aciers inoxydables austénitiques, ce qui se traduit par la présence de 5 papiers y étant consacrés à Fontevraud V, contre 2 seulement lors de Fontevraud IV.

En conclusion, on peut retenir que le thème corrosion primaire de Fontevraud V aura été structuré différemment des précédents Fontevraud. En effet, les précédents Fontevraud avaient vu une prédominance de la PWSCC de l'alliage 600 sur celle des alliages 182/82 et des aciers inoxydables austénitiques alors que cette tendance est inversée pour Fontevraud VI; est-ce un signal pour l'avenir ?

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LES CUVES VVER
par Jean-Paul MASSOUD, EDF

 
Une session spéciale a été consacrée pour la première fois aux cuves des réacteurs VVER d'Europe de l'est.

Deux filières de réacteurs à eau pressurisée coexistent en Europe de l'est :


la filière VVER 440 (réacteurs à eau pressurisée de 440 MWe). Les cuves des VVER 440/230 n'ont pas de programme de surveillance de l'irradiation et ne sont pas revêtues en acier inoxydable pour les plus anciennes. Par contre, les cuves plus récentes des VVER 440/213 sont revêtues et ont un programme de surveillance dont la représentativité n'est pas toujours bien établie.

 

la filière VVER 1000 (réacteurs à eau pressurisée de 900 MWe de conception proche de celle des réacteurs REP occidentaux). Les cuves des VVER 1000 ont un programme de surveillance dont la représentativité est parfois mise en doute (température trop élevée des éprouvettes, gradients de flux neutronique trop importants à l'intérieur des capsules d'irradiation, etc.).

 

Les programmes de surveillance de la fragilisation des cuves des réacteurs slovaques (VVER 440) et tchèques (VVER 440 et VVER 1000) ont fait l'objet de deux communications qui montrent notamment comment les programmes de surveillance initiaux ont été améliorés au cours du temps par une meilleure évaluation des fluences et des températures. Des programmes de surveillance complémentaires ont également été développés avec des facteurs d'anticipation plus faibles et en intégrant revêtements et zones affectées thermiquement.

En complément, les conclusions du programme européen TACIS R2.06/96 confirment que les programmes de surveillance des cuves des VVER 1000 peuvent présenter des garanties suffisantes à condition d'améliorer la connaissance de la fluence reçue par les éprouvettes et d'utiliser des techniques permettant de tester des éprouvettes homogènes du point de vue du flux neutronique reçu.

Afin de comparer les pratiques occidentales et russes en matière de détermination de la fragilisation des cuves (selon les règles du RCCM français et du GOST russe), l'influence du mode de prélèvement des éprouvettes, de la détermination de la température de transition fragile-ductile et du décalage de cette température après irradiation ont été étudiées, à partir du métal de base, d'une soudure et d'une zone affectée thermiquement d'une cuve de VVER-1000. Si le décalage de la température de transition n'est pas affecté, les valeurs de température de transition déterminées selon le RCCM sont significativement plus élevées que celles déterminées selon le code russe GOST.

Enfin, des méthodes et des techniques innovantes, non destructives, développées en Russie pour suivre le vieillissement des cuves, ont été présentées : méthode basée sur le principe de la dureté cinétique instrumentée et méthode magnétique.

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LES INTERNES DE CUVES
par Denis BUISINE et Jean-Paul MASSOUD, EDF

 
Le nombre et la qualité des présentations de la session "internes de cuves REP" ont confirmé que l'évolution sous irradiation des matériaux des structures internes de cuves (en aciers inoxydable austénitique) constituait un enjeu important tant en France qu'à l'étranger.

La forte irradiation neutronique à laquelle sont soumis ces composants a pour conséquence une évolution de leur microstructure, leur durcissement et une forte perte de leur ductilité. Ces évolutions sont également à l'origine d'une sensibilisation à la corrosion sous contrainte (dite assistée par l'irradiation - IASCC) qui conduit à la fissuration des vis cloison-renfort de certaines tranches REP.

La stratégie de maintenance des exploitants (qui a fait l'objet d'une présentation de l'EPRI) repose principalement sur des contrôles en service et l'expertise de composants irradiés en service (4 présentations américaines et françaises), le cas échéant fissurés (une présentation américaine) et sur des programmes de R&D (souvent internationaux).

Différentes expertises approfondies de vis ont été présentées. D'un point de vue microstructural (Monnet et al, Byrne et al., Thomas et al.), les observations confirment la présence d'une forte densité de petites boucles de dislocation de Franck fautées, la forte ségrégation de certains éléments aux joints de grain et parfois une faible quantité de cavités ou bulles d'hélium. D'autres défauts induits par l'irradiation (précipités ', voire martensite...) sont parfois évoqués. On remarquera tout particulièrement la caractérisation en microscopie électronique en transmission de fissures de corrosion sous contrainte de vis d'internes (Thomas et al). Cette caractérisation très approfondie permet de proposer des mécanismes d'avancée discontinue de fissures peut-être induits par un processus de fragilisation aux joints de grains dû au milieu.

D'un point de vue mécanique, les différentes expertises confirment le fort durcissement (Wilson et al, Monnet et al.) en début d'irradiation avec une saturation atteinte pour des doses d'endommagement de 5-15 dpa. La forte réduction de résistance à la déchirure après irradiation a également été évaluée (Wilson et al., Carter et al.).

Pour soutenir la stratégie de maintenance des exploitants, des programme de R&D ont été engagés (programmes JOBB et CIR) présentés par Massoud pour les internes de REP et Kocik et al. pour les internes de VVER avec pour objectifs :


d'examiner la stabilité structurale des aciers à forte dose ;

 

de préciser l'évolution des propriétés mécaniques des matériaux irradiés, en particulier dans le domaine des basses températures (< 350°C) pour lequel les données sont peu nombreuses, pour les différents aciers des REP ;

 

d'établir l'influence des paramètres prépondérants vis-à-vis de la sensibilité à la corrosion sous contrainte. La question de la compréhension des mécanismes est tout particulièrement traitée dans le cadre du programme international CIR (Cooperative IASCC Research program, Pathania et al.).


d'identifier de possibles matériaux de remplacement moins sensibles à la fissuration par IASCC.


Il apparaît toutefois que différentes questions restent ouvertes :


est-ce que la microstructure du matériau irradié est stable jusqu'à la fin de vie ou faut-il s'attendre à d'autres évolutions à forte dose, en fin de vie. Dans ce cadre-là, la question d'un éventuel gonflement a été traitée par F. Garner et al.

 

les mécanismes de fissuration en milieu primaire REP restent mal connus.

 

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TURBINE - ALTERNATEURS
par Jean-Claude FRANC, Alstom Power
 
Sur le thème turbine, le premier exposé, présenté par M. B. Andrier et M. E. Garbay d'EDF, traitait de la fissuration des arbres des rotors des turbines basse pression qui équipent les groupes nucléaires EDF de 900 MW de la génération CP0/CP1. Ces rotors sont construits à partir de disques frettés sur un arbre central, qui est affecté par un problème générique de fissuration transverse. L'exposé abordait les moyens de contrôle non destructif mis en œuvre pour le suivi de la fissuration, les études de mécanique de la rupture et les essais en laboratoire pour comprendre l'évolution du phénomène. Enfin, les résultats d'une expertise après ouverture de la fissure du rotor le plus affecté ont été commentés ; cette expertise a permis de valider différentes hypothèses sur le mode de propagation et sur la marche à suivre pour une exploitation en toute sécurité.

Le second exposé, présenté par M. G.Franconville d' ALSTOM, avait pour objet les défaillances des soudures constatées sur les diaphragmes de la turbine HPMP des groupes nucléaires EDF de 1530 MW du palier N4 (ces diaphragmes servant à porter les aubes fixes de la turbine). Les contrôles, les essais en laboratoire et sur site, les moyens de calculs mis en œuvre pour diagnostiquer les causes de la défaillance ont été présentés ainsi que les solutions successives pour aboutir à une construction finale pleinement satisfaisante.

Sur le thème alternateur, l'exposé de M. R. Svoboda d'Alstom, était consacré au refroidissement en eau du stator des alternateurs de grande puissance et plus particulièrement du retour d'expérience avec des barres stators dont les conducteurs creux sont en acier inox, insérés parmi les conducteurs en cuivre. Des boucles d'essai ont permis de définir la qualité d'eau requise et il apparaît notamment que la teneur en oxygène est de faible influence. L'utilisation d'acier inox et le contrôle de la qualité d'eau ont permis d'obtenir une exploitation sans problème de dépôts ou de corrosion.

L'exposé suivant de M. Chetwynd de Southern California Edison, portait également sur le refroidissement en eau du stator alternateur des groupes nucléaires de 1200 MW de la centrale de SanOnofre (USA). Contrairement au cas précèdent, les conducteurs creux sont en cuivre et sont soumis à des dépôts de sels de cuivre qui peuvent gêner la circulation de l'eau de refroidissement. L'exposé détaillait les méthodes de contrôle de l'état des barres ainsi que l'élimination des dépôts à l'arrêt ou en marche grâce à l'emploi du procédé Cuproplex qui minimise les pertes en cuivre.

L'exposé, présenté par M. Laire de Laborelec, portait sur la détérioration des tubes des appareils sécheur-surchauffeurs du groupe 1 à la centrale de Tihange (Belgique). Un contrôle destructif de tubes endommagés montrait que la fuite de vapeur initiale provenant d'un tube fissuré provoquait l'endommagement des tubes périphériques. Une sonde basée sur les pertes de flux magnétique a été mise au point ; elle permet un contrôle non destructif des faisceaux de tubes. Ainsi les tubes présentant un défaut sont éliminés ; cette action préventive évite une détérioration majeure qui conduirait à une forte indisponibilité.

Le dernier exposé, également de M. Laire, portait sur le contrôle des moteurs diesels utilisés pour l'alimentation électrique de secours en centrale nucléaire. Ceux-ci sont soumis à de très sévères conditions de marche (démarrages rapides à froid) qui conduisent parfois à la fissuration de leurs arbres. Un procédé de contrôle non destructif permettant de détecter les fissures sans avoir à démonter complètement les moteurs a été mis au point ; ainsi il est possible d'intervenir avant toute défaillance des alimentations de secours.

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LES TUYAUTERIES
par Marie-France CIPIERE, Framatome ANP

  Le sujet phare de la session "Tuyauteries" fut l'endommagement par fatigue et essentiellement par fatigue thermique. A Fontevraud IV, les seuls incidents répertoriés pour les tuyauteries concernaient la fatigue thermique des bras morts des circuits RIS près des boucles primaires. L'incident du circuit RRA de Civaux 1 en mai 1998, où les expertises ont mis en évidence de la fatigue thermique dans les zones de mélange et ont apporté la confirmation de ce type d'endommagement sur les circuits RRA 900 & 1300 MWe, a largement relancé le débat sur l'existence de ce phénomène dans les centrales nucléaires. EDF a d'ailleurs lancé de vastes investigations pour identifier les autres zones à risque des chaudières nucléaires et tenter de se prémunir de l'apparition de ce type d'endommagement. Cependant, ce phénomène s'avère difficile à prévoir en raison de son caractère pluridisciplinaire (hydraulique, métallurgique, ...) et de la méconnaissance de l'effet des paramètres influents. De nombreux programmes français et internationaux ont été entrepris pour mieux comprendre le phénomène. Le rôle des contrôles non destructifs apparaît très important. La performance et la fiabilité des CND sont essentielles pour éviter des déposes de composants intempestives.

Mais la fatigue thermique, phénomène d'actualité, n'est pas le seul type d'endommagement avéré, ce qui a été montré à travers d'autres présentations sur la fatigue vibratoire (piquages, ...), la corrosion fissurante et également le vieillissement thermique des composants moulés en acier inoxydable austéno-ferritique. Dans ce dernier cas, les expertises réalisées sur coudes déposés ont largement contribué à la validation de la démarche présentée dans le dossier de justification des pièces moulées en service (démonstration du caractère "enveloppe" des formules de prévision de l'endommagement, de la validité des mesures directes du vieillissement comme le PTE "Pouvoir ThermoElectrique, ....).

Lors de Fontevraud IV, un exposé sur les défauts de corrosion intergranulaire découverts en peau externe des liaisons bimétalliques (LBM) inox avait été fait. Pour l'édition 2002, la découverte d'un décollement, également en peau externe, sur une LBM inox de la Centrale de Biblis A, en Allemagne, a eu pour principale conséquence de lancer une campagne de contrôle de l'ensemble des LBM. Il s'est avéré que la majorité des LBM était en alliage base nickel donc exempte de ce type de défaut. La LBM de Biblis a été réparée par le procédé "temper bead".

La fissuration transgranulaire par corrosion sous contrainte constatée sur des composants en acier 304L de la centrale de Koeberg a mis en évidence l'impact d'un environnement exceptionnel (marin dans ce cas précis) ; ceci a conduit l'exploitant à prévoir la modification de certaines installations pour limiter au maximum la pollution.

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