Le nucléaire en France

A la différence de ses voisins, la France ne dispose pas d’assez de ressources énergétiques (gaz, pétrole ou charbon) pour produire son électricité. C’est, combinée au choc pétrolier des années 70, la raison qui explique le développement de l’énergie nucléaire dans l’Hexagone.

Aujourd’hui, le pays est capable de répondre à six priorités stratégiques : la diminution des émissions de CO2, la sécurité d’approvisionnement, la compétitivité des entreprises, la préservation du pouvoir d’achat des ménages, le maintien d’emplois industriels qualifiés et la maîtrise d’un savoir-faire technologique de pointe.
 

Un des parcs nucléaires les plus importants au monde

Avec 58 réacteurs répartis sur 19 sites nucléaires, la France dispose du parc nucléaire le plus important du monde en proportion de sa population. Chaque année, environ 405 TWh d’énergie nucléaire sont produits.

Le nucléaire se développe en France à partir de 1963. Après avoir testé la technologie graphite-gaz (1ère génération) en construisant neuf réacteurs de ce type la France décide en 1968, pour des raisons techniques et économiques, de se tourner vers la filière à eau sous pression (2ème génération), conçue et développée par les Etats-Unis.

L’impact du choc pétrolier de 1973 conduit le gouvernement Messmer à engager un programme de construction de 16 réacteurs de 900 Mégawatts électriques (MWe), suivi à partir de 1976, de 20 réacteurs supplémentaires de 1 300 MWe. Entre 1996 et 2000, 4 autres réacteurs de 1 450 MWe ont été mis en service, portant la puissance installée du parc à 63,1 GWe.

Un réacteur EPR (3ème génération)- d’une puissance de 1650 MWe - est actuellement en construction sur le site de la centrale de Flamanville.

D’autres sites nucléaires existent en France, mais ils ne produisent pas d’électricité. Il s’agit d’usines de fabrication de combustible pour les centrales, de centres de gestion des déchets radioactifs ou de centres de recherche exploitant des réacteurs expérimentaux. 

 

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En France, 97 % de l’électricité est déjà bas-carbone

Energie bas-carbone, le nucléaire permet à la France d’avoir des émissions de CO2 (5,5 tCO2/hab/an) inférieures à la moyenne européenne (7,4 tCO2/hab/an) et deux fois moins importantes que celles de l’Allemagne (Agence Internationale de l’énergie, 2012).

Composé de 20 % d’énergies renouvelables (essentiellement hydraulique) et de 77 % d’énergie nucléaire, le système électrique français est à 97 % bas-carbone permettant les bonnes performances de la France en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

Classée en tête des pays du monde pour son système énergétique qui protège durablement l’environnement (The Global Energy Architecture Performance Index – World Economic Forum, 2014), la France respecte déjà les recommandations du GIEC. En effet, selon le GIEC, un bouquet électrique bas-carbone à 80 % permettra de contenir et stabiliser le réchauffement climatique.


Le nucléaire assure la sécurité énergétique de la France et d’une partie de l’Union européenne

Le développement d’un important parc nucléaire a permis à la France de réduire ses importations d’énergie fossile pour produire son électricité. Si aujourd’hui l’électricité produite par le nucléaire devait être remplacée par du gaz, les importations s’élèveraient chaque année à 8 milliards d’euros, somme qui viendrait s’additionner aux 66 milliards d’euros déjà consacrés à l’achat annuel de gaz et pétrole, utilisés pour chauffer les maisons et faire rouler les voitures.

L’énergie nucléaire fournit 30 % de l’électricité de l’Union européenne et permet de réduire d’autant la dépendance aux énergies fossiles, polluantes et importées. Disposant du parc nucléaire le plus important de l’UE, la France est aussi le pays le plus exportateur d’électricité de la zone et assure une partie de la sécurité d’approvisionnement des 28 états membres.

Avec un excédent d’environ 2 milliards d’euros par an (Bilan électrique 2013 – RTE, 2014), ces exportations d’électricité contribuent positivement à l’économie française.


En France, la facture d’électricité est l’une des moins chères d’Europe

La production d’électricité d’origine nucléaire contribue, à son échelle, à ne pas grever le pouvoir d’achat des ménages. Les ménages français paient leur électricité 22% moins cher que la moyenne européenne, et près de deux fois moins chères qu’en Allemagne (Direction générale du Trésor - Comparaison des prix de l’électricité en France et en Allemagne, 2013 - Eurostat S1 2014)

Pour leur facture d’électricité, l’option nucléaire protège donc en partie les consommateurs français contre la volatilité du prix des combustibles fossiles et l’augmentation future des prix du CO2. Alors que le prix de l’électricité en France est stable depuis les années 90, il a fortement augmenté en Italie dont le mix électrique repose essentiellement sur les combustibles fossiles.


L’électricité en France, facteur de compétitivité et d’attractivité

Reflet de situations énergétiques hétérogènes, le prix de l’électricité consenti aux industriels varie beaucoup d’un pays européen à l’autre. Par exemple, il existe un facteur de près de 3 entre la Finlande (91 €/MWh) et le Danemark (243 €/MWh).

Le coût de l’énergie est un facteur vital pour la compétitivité industrielle : grâce au nucléaire, les industries françaises bénéficient d’un des prix de l’électricité les plus bas d’Europe (25 % moins cher en moyenne). Cet atout atténue les risques de délocalisation et de manque de compétitivité de PME que pourrait provoquer une énergie plus chère.

Les faibles prix de l’électricité nucléaire sont également un facteur d’attractivité pour les investisseurs internationaux qui cherchent à s’implanter en Europe. Selon l’Agence française pour les investissements internationaux, la France est la première destination européenne des investissements industriels étrangers. Deux ingrédients contribuent à cette réussite : le prix et la qualité des infrastructures électriques, reconnues comme performantes et fiables (Choiseul Energy Index 2015 – KPMG).

 
A SAVOIR
Depuis 2010, le consortium Exeltium, qui regroupe une soixantaine d’entreprises électro-intensives, a conclu avec EDF un contrat prévoyant la fourniture de 13TWh par an (soit approximativement la moitié des besoins en électricité de ces industriels) pendant 24 ans à un prix fixe, en échange d’un financement de réacteurs nucléaires via un prêt bancaire contracté par 26 électro-intensifs. Cet accord permet de préserver la compétitivité d’une centaine d’usines françaises.
 


La filière nucléaire continue de créer de nombreux emplois durables 

Forte de ses 2 500 entreprises et de ses 220 000 salariés, la filière nucléaire est la troisième filière industrielle française, derrière l’aéronautique et l’automobile. Son grand dynamisme à l’exportation et le renouvellement de ses effectifs vont lui permettre, si l’ensemble du parc nucléaire est préservé, de recruter 110 000 personnes d’ici 2020 (Comité Stratégique de la Filière Nucléaire, 2012).

A la différence d’autres industries électrogènes, la filière nucléaire offre des emplois durables, qualifiés et non délocalisables. La France maîtrise l’ensemble de la chaîne de valeur de la production nucléaire, ce qui permet de capter une plus grande proportion des emplois. Selon le cabinet de conseil PwC (Le poids socio-économique de l’électronucléaire en France – PwC, 2011), 1 Euro investi dans le nucléaire crée jusqu’à trois fois plus d’emplois que dans une autre filière de production d’électricité.

Le nombre de formations spécialisées a fortement augmenté ces dernières années : près de 70 ont été recensées en France en 2010. Le nombre d’ingénieurs spécialisés diplômés par an a ainsi été multiplié par trois en quatre ans. Les formations accueillent de plus en plus d’étudiants étrangers, venus notamment de pays souhaitant accroître leur production d’électricité nucléaire ou accéder à ce mode de production.

 

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A SAVOIR
Construire sur le sol français un réacteur de troisième génération comme l’EPR a des retombées importantes sur l’emploi. Selon une étude PwC, la phase d’étude (2 ans) et de construction (5 ans) pourraient soutenir jusqu’à 8 350 emplois pendant 7 ans. L’exploitation du réacteur pourrait soutenir environ 1 650 emplois pendant 60 ans.
 


Le savoir-faire technologique de pointe

La France maîtrise l’ensemble de la chaîne de valeur de la production nucléaire, de l’extraction de l’uranium, à la construction de centrales nucléaires en passant par la fabrication et le retraitement du combustible et le conditionnement des déchets. L’indépendance énergétique de la France se trouve donc consolidée par l’autonomie technologique de l’industrie nucléaire, qui maîtrise tous les procédés qu’elle utilise.

Ainsi, la France est en pointe dans le domaine du retraitement des combustibles usés. Cette expertise permet à l’Hexagone de diminuer l’importation d’uranium et de réduire significativement le volume des déchets. Ce faisant, le retraitement permet de renforcer la sécurité énergétique du territoire tout en minimisant l’impact environnemental.

Le retraitement des combustibles usés permet d’alimenter deux filières de recyclage : l’une basée sur le combustible MOX, qui mélange du plutonium issu du retraitement et de l’uranium appauvri ; l’autre basée sur le ré-enrichissement de l’uranium issu du retraitement, opération pour laquelle la France dispose d’une capacité industrielle en propre avec l’usine Georges Besse II (Drôme).

En France, 24 réacteurs sont autorisés à charger du combustible MOX et plus de 10 % de l’électricité nucléaire est aujourd’hui produite grâce à ce combustible. Cette filière emploie près de 5 800 personnes et génère 1 400 emplois induits.