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Réacteurs de quatrième génération : premiers développements industriels vers 2035/2040
Pour le CEA, les réacteurs de quatrième génération n’arriveront pas à maturité technique avant 2030 et seuls les réacteurs de génération 3, dont l’EPR, sont disponibles pour les besoins à court terme. En effet, les réacteurs de quatrième génération, dont les concepts sont à l’étude au niveau international, marquent une totale rupture par rapport aux réacteurs de deuxième génération mis en service dans les années 1970 à 2000 (REP du parc français, REB, VVER, Candu). "Ce changement technologique impose des délais très longs : la quatrième génération de réacteur n’arrivera pas à maturité technique avant 2030 et ne pourra pas être industriellement développée avant 2035-2040", a déclaré Jacques Bouchard, directeur de l’énergie nucléaire au CEA lors d’une rencontre avec la presse le 17 septembre. Seuls les réacteurs de génération 3, parmi lesquels l’EPR (European Pressurized Reactor), sont actuellement disponibles pour répondre de manière satisfaisante aux besoins à court terme, tant en France pour prendre le relais des centrales actuelles appelées à s’arrêter a partir de 2015 (d’ici 2025 la moitié du parc actuel aura 40 ans et plus) qu’au plan mondial pour construire de nouvelles capacités de production.
Melox est autorisée à augmenter sa production de combustible Mox
Par décret du 3 septembre, le gouvernement autorise la Cogema à porter de 101 à 145 tonnes d’uranium et de plutonium la capacité annuelle de production de combustible nucléaire de Melox dans le Gard, suite à l’enquête publique réalisée auprès des 11 communes les plus proches du site du 8 janvier au 8 mars derniers. Cogema précise que "l’évolution consiste simplement à mieux utiliser les capacités de l’usine Melox en créant des postes de travail supplémentaires. Elle n’implique pas d’extension ni de modifications significatives des installations et n’entraîne pas de changements des arrêtés d’autorisation de rejets de l’usine".
Melox va ainsi pouvoir prendre le relais de l’usine de fabrication de Mox de Cadarache, qui a arrêté ses productions commerciales le 31 juillet.
Le ministère de l’Industrie met en service Pégase, base de données sur l’énergie
Le ministère de l’Industrie annonce la mise en service de "PEGASE", base de données centralisant les statistiques énergétiques. Pégase est accessible sur internet à l’adresse suivante :
www.industrie.gouv.fr/energi....
"Cette création s’inscrit dans la démarche d’information et de transparence, initiée par Nicole Fontaine sur toutes les question sénergétiques, et particulièrement à travers le récent Débat National sur les Energies. La ministre a ainsi souhaité moderniser le serveur Minitel 3614 Enerstat, entré en fonction il y a près de 20 ans," souligne le communiqué du ministère de l’Industrie.
Cette base de données évolutive donne accès aux données de l’Observatoire de l’Energie, notamment : prix des énergies, pour 1es ménages, les entreprises et les collectivités ; statistiques d’importation, production, stockage et consommation d’énergie en France ; statistiques descriptives de la facture énergétique de la France. Les données sont complétées par des indicateurs macroéconomiques et climatiques permettant d’interpréter les évolutions.
Arrêt de la tranche 1 de Cattenom pour des opérations de maintenance
La tranche 1 de la centrale de Cattenom a été mise a l’arrêt fin août pour une durée programmée de huit semaines environ, qui permettra, indique EDF, "le remplacement traditionnel (effectué tous les 18 mois), d’un tiers du combustible" et "des opérations de maintenance représentant environ 250 000 heures de travail". Parmi des opérations, effectuées par plus de 1000 techniciens, "le remplacement de 17 mécanismes de grappes sur le couvercle de la cuve du réacteur".
La tranche 2, elle, a été redémarrée le 26 juillet après une mise à l’arrêt de trois semaines destinée à "économiser du combustible". Initialement prévu pour huit semaines, l’arrêt a été écourté "en raison des besoins en électricité" de cette période.
Nouveau simulateur pour la centrale nucléaire du Blayais
La centrale nucléaire du Blayais (Gironde) a inauguré début septembre un simulateur de nouvelle génération, le premier à équiper une centrale de type 900 MW en France. A l’horizon 2005, les 19 centrales nucléaires françaises doivent être équipées d’un tel équipement dans le cadre du plan Sirocco lancé par EDF en 1996. Ces nouveaux simulateurs de salles de commande ont une capacité de calcul vingt fois supérieure aux précédents et sont capables de simuler 30000 pannes différentes. Ils sont utilisés pour la formation des équipes de pilotage des centrales
Michèle Rivasi à la tête de Greenpeace France
A 50 ans, Michèle Rivasi, ancienne députée apparentée PS, a pris le 15 septembre la direction de Greenpeace France. Elle succè à Bruno Rebelle, nommé en mars au poste de directeur des programmes au siège de Greenpeace à Amsterdam. En 1986, dans les jours qui ont suivi la catastrophe de Tchernobyl, Michèle Rivasi a fondé la Crii-rad (Commission de Recherche et d’Informations Indépendantes sur la Radioactivité). Elle avait également fondé l’Observatoire de vigilance et d’alerte écologique, en octobre dernier, avec Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement.
Transports de matières nucléaires "secret défense"
Cogema-La Hague a annoncé le 4 septembre l’arrivée de cinq emballages de combustibles usés en provenance des centrales nucléaires allemandes sont arrivés à 12H30 au terminal ferroviaire de COGEMA Logistics à Valognes. Les cinq emballages, en provenance des centrales Isar 2 et Brunsbuttel, représentent 75 éléments combustibles soit 21,5 tonnes d’uranium Ces éléments combustibles seront entreposés dans les piscines de l’usine de La Hague en vue de leur refroidissement. Ils seront ensuite traités afin de séparer les matières recyclables et de conditionner les résidus ultimes qui seront retournés en Allemagne pour leur stockage. C’est le neuvième transport en provenance d’Allemagne pour 2003 et le 28e depuis la reprise des échanges entre l’Allemagne et la France le 11 avril 2001.
Selon un arrêté paru au Journal Officiel du 9 août, les informations sur le transport de matières nucléaires et les exercices de crise concernant la protection de ces matières "présentent un caractère de secret de la défense nationale" et font donc l’objet d’une diffusion restreinte. Cogema a cependant précisé qu’en accord avec les autorités françaises, elle continuerait à mener sa politique de transparence en donnant sur son site internet les heures d’arrivée et de départ des convois nucléaires.
Le réseau "Sortir du nucléaire" avait annoncé le 3 septembre qu’il publiait sur son site le trajet du convoi nucléaire, en violation délibérée de l’arrêté "secret défense", estimant que "le gouvernement ne vise pas la sécurité nucléaire mais il cherche par cet arrêté à faire taire les militants".
Areva est choisie par le DoE pour fabriquer quatre assemblages combustibles Mox de démonstration
Le DoE (Department of Energy) américain a sélectionné Areva début septembre pour fabriquer quatre assemblages combustibles Mox de démonstration dans le cadre des accords internationaux de désarmement nucléaire. En 2002, le gouvernement américain avait choisi en 2002 la technologie d’AREVA pour éliminer sous forme de combustibles MOX l’ensemble de ses stocks excédentaires de plutonium militaire. A cet effet, il a décidé la construction en Caroline du Sud d’une usine de fabrication de MOX à laquelle AREVA est associé au sein du consortium Duke-COGEMA-Stone&Webster (DCS). Les assemblages combustibles sont destinés à permettre à l’électricien Duke Power de qualifier en réacteur ce nouveau combustible. L’assistance de l’industrie française a reçu l’agrément des autorités gouvernementales et le dossier d’une fabrication à Cadarache est soumis à l’accord de l’Autorité de Sûreté.
Areva indique dans un communiqué que la production-test serait réalisée en quatre mois au cours de l’année 2004. Celle-ci ne mettrait en œuvre qu’une faible quantité de plutonium, moins d’un vingtième des matières annuellement recyclées dans cette usine lorsque des productions industrielles y étaient réalisées. Elle ne remet pas en cause le processus d’arrêt de l’activité de l’usine engagé depuis le 31 juillet 2003.
ITER : les experts ne tranchent pas entre la candidature de la France et de l’Espagne
Selon le rapport d’experts remis à la Commission européenne début septembre, le site de Cadarache (sud de la France) et son concurrent de Vandellos (nord-est de l’Espagne) "sont tous deux des postulants très sérieux dans la compétition internationale" et "chacun des sites est en mesure de gagner", concluent les experts, laissant aux ministres de l’Industrie et de la Recherche des Quinze le soin de trancher la question de la candidature européenne les 22 et 23 septembre. Le rapport donne l’avantage à Cadarache pour les infrastructures et à Vandellos pour la moindre charge financière.
Bernard Bigot, Haut-Commissaire à l’Energie atomique s’est rendu mi septembre à Rokkasho, au nord du Japon, pour étudier la candidature du Japon et présenter celle de la France pour accueillir le réacteur expérimental. L’Union Européenne, le Japon, les Etats-Unis, le Canada, la Chine, la Russie et la Corée du Sud participent au projet.
Etats-Unis : selon la Cour des Comptes américaine, le risque terroriste est "presque nul" sur le site de Yucca Mountain
Selon la cour des comptes (GAO - General Accounting Office) américaine, le risque d’une attaque terroriste ou d’une catastrophe accidentelle est « presque nul » sur le site de Yucca Mountain. Une étude concernant la sécurité du site, basé à moins de 150 km de Las Vegas, avait été lancée par le GAO au lendemain du 11 septembre 2001 et les conclusions de cette étude ont été étayées par celles du ministère américain de l’énergie (DOE) et de l’autorité chargée de la régulation et de la sûreté nucléaires fédérale (la NRC).
Le Kazakhstan recherche des partenaires internationaux pour boucler son cycle du combustible et développer son industrie nucléaire
La compagnie nationale d’énergie atomique du Kazakhstan, Kazatomprom, est à la recherche de partenaires sociaux susceptibles de l’aider à boucler son cycle nucléaire. Elle envisage en effet de construire deux usines de conversion d’uranium d’ici la fin 2004. Le Premier ministre député, Alexander Pavlov, a par ailleurs déclaré : "Nous souhaitons changer aujourd’hui de structure énergétique ; pour amorcer ce changement, nous avons besoin d’innover en matière de recherche et de technologie". Et c’est pourquoi l’ex-République soviétique a mis en place un plan d’aide au développement à hauteur de 42 millions d’euros, basé sur les fonds accumulés grâce à l’exploitation pétrolière et gazière. Les 20 milliards de dollars d’investissements étrangers cumulés ces 10 dernières années avaient servi principalement à développer l’exploitation pétrolière et les réserves minières du pays.
